“ « C’est vous qu’il aime. » Et il m’a dit encore... Ah ! est-ce que je sais tout ce qu’il m’a dit ! Georges n’a plus qu’un bras ; jamais je ne m’en étais aperçu. — Et tu l’aimes tout de même, un manchot ? — Je l’aime davantage... et puis, il n’est peut-être pas prince... — Qui ça ? Pistolet ? — Eh ! non ! Georges. — Alors, nom de nom ! Un manchot, qui n’est pas même prince... — Je l’aimerai mille fois plus ! J’aurais consenti à lui tout devoir, mais ce serait un si grand bonheur que de lui donner tout ! — Attends ! dit Échalot. ”
Paul Féval
Résumé
"La Bande Cadet", publiée par Paul Féval, est un roman de la fin du XIXe siècle qui mêle intrigues familiales, conflits de pouvoir et relations tumultueuses. À travers les personnages de Georges, Clotilde, Jaffret ou Échalot, l'œuvre dévoile les tensions entre amour et ambition, souvent dans un cadre aristocratique.
Les thèmes de la maladie, de la noblesse et des liens complexes entre les protagonistes révèlent une société en crise. La narration, riche en dialogues percutants, met en lumière des dilemmes moraux et des rivalités qui façonnent le destin des héros.
Citations de La Bande Cadet (Paul Féval)
“ Laurent, le valet qui ressemblait à un rentier, posa la lampe sur la table de jeu entre le comte de Comayrol et Mme Jaffret, dont le profil d’oiseau de proie fut éclairé vivement. Le prisonnier pirouetta sur ses talons, comme si cette vue l’eût blessé, et se trouva nez à nez avec le gardien Noël, qui s’était glissé derrière lui. — Encore vous ! dit-il moitié riant moitié irrité. La voix de Noël eut des inflexions véritablement suppliantes. — Ça n’a pas de bon sens, monsieur Clément, dit-il, de vous refuser de l’air à vous-même ! ”
“ Je suis si malheureuse ! Écoute ! Est-ce que tu as pu douter de mon cœur où tu tiens la première place... la place qui t’est due ! oh ! Georges ! mon Georges ! tu es bon, tu nous aimes, tu vas avoir pitié de nous ! Elle mit ses lèvres froides sur le front de Georges agenouillé auprès d’elle, et poursuivit de sa voix noyée par les larmes : — Tu es le maître, ici. Je ne sais pas si Dieu me pardonnera ; mais toi, mon fils, ô mon fils, ne me repousse pas ! Nous n’avons rien, Albert et moi. Tout est à toi, tout, puisque c’est toi qui est le duc de Clare ! ”
