“ Ici, à l’hôtel de Clare, vous aviez en vérité le spectacle d’une tutelle moderne et modèle. Tout se passait selon la double loi du Code Napoléon et des plus charmantes convenances. On vivait portes et fenêtres ouvertes au grand soleil. Nita de Clare était libre comme l’air. Nous aurons tout dit quand le lecteur saura qu’on ne lui avait jamais parlé mariage. Si fait pourtant, une seule fois, et c’était le comte, dans le jardin désolé qui appartenait à l’atelier Cœur-d’Acier. Le comte avait souhaité ce jour-là que la princesse d’Eppstein pût trouver un homme jeune, fort, hardi, qui l’aimât. ”
Citations sur “Clare”
“ Il n’y a qu’un duc de Clare, c’est moi, je n’ai plus de frère. L’homme que voici sur le banc des accusés, qu’il soit ou non un général au service de l’empire déchu, n’a aucun droit au nom de Clare et je le dénonce comme un imposteur. Le duc Raymond se leva très pâle et se rassit sans avoir parlé : ceci faisait partie du plan concerté dans la prison entre les deux frères. ”
“ « Rapport no 22, adressé à Mlle Clotilde de Clare, (Lirette, de l’établissement Échalot place Clichy) par J. Clampin, dit Pistolet, ancien auxiliaire de l’inspecteur Badoit. » Je n’ai encore acquis aucune certitude au sujet des deux jeunes gens qui habitent l’hôtel de Souzay. Tous les deux sont fils de Mme la duchesse, mais lequel des deux est l’héritier de Clare ? Il y en a un, en effet, qui est né avant le mariage. Tenez le fait pour certain : j’ai les preuves à l’appui. » Mme la duchesse semble avoir pris à tâche de faire planer une incertitude sur l’état civil de ses deux enfants. ”
“ La poitrine de la duchesse rendit un grand gémissement. — Nous ne sommes pas seulement des voleurs comme je vous l’ai dit, reprit Marguerite, nous sommes des assassins. La maison de Clare, dont nous portons toutes les deux le nom, est cruellement payée pour le savoir. L’homme qui vient de vous nommer sa filleule, et qui en a le droit, est ici pour tuer un de vos fils. Angèle, les yeux horriblement ouverts, les mains crispées sur les bras de son fauteuil, écoutait comme on fait un épouvantable rêve. ”
“ Le nom est de Clare avec d’autres noms anglais tout autour. J’ai remarqué cela parce que je voulais toujours porter une couronne à la voisine. Elle est derrière la sépulture. Et voilà une drôle d’affaire : c’est elle-même qui a choisi cet endroit-là. Elle avait acheté le terrain sans en souffler mot à personne... De Clare : veux-tu écrire ? — Non, répondit Roland, je me souviendrai, adieu. Il sortit ; la voisine rentra. On festoyait toujours bruyamment et gaiement dans l’ancien logis de Mme Thérèse. Roland descendit le plus vite qu’il put. ”
“ Marguerite pensait en passant devant la porte de son mari pour gagner les jardins : — Duchesse de Clare ! Mon duc paraîtra quand il en sera temps. Il est beau ! Je le ferai grand ! Je l’aimerai de toute la haine que j’ai dépensée pour vivre et pour vaincre. Oh ! je l’aimerai ! je l’aime... comme j’eusse adoré ce Roland, s’il l’eût voulu ! ”
“ Elle l’interrompit, et toucha son bras droit en disant : — Voici pourtant qui est bien à Clément ! — Oui, chérie... et cela rappelle à Clément qu’il doit la vie à sa Tilde bien-aimée. — Des bêtises ! fit Mlle de Clare avec le pur accent des fillettes de Paris. Puis elle reprit : — Si ça t’amuse d’être prince, je poserai en princesse. Nous n’en serons que mieux dans nos personnages... Éloigne-toi un peu, et sois plus déconcerté puisque tu fais celui qui est timide... J’en ai long à te raconter ”
Eléments de littérature. Première partie renfermant l'explication et les préceptes… (1851)
“ Clare est une ville d'IrlauJe. son éclat est beau ; car, ainsi que l'a dit le poëte, les nations ont péri, et toi tu es jeune encore. Ton soleil se lève au moment où d'autres se couchent, et, bien que lè nuage de l'esclavage ait pu un instant obscurcir le ciel, l'astre étincelant de la liberté va luire sur toi plus resplendissant que jamais. ”
Paul Féval, La Bande Cadet (1875)
“ Huit minutes , dit tout bas le malade , et je lui avais écrit : je me meurs ... Il s' interrompit et sembla tendre l' oreille . – Ecoutez ! fit -il . Le papa Morand écouta , mais il n' entendit rien . – C' est que vous n' êtes pas pour mourir , dit M. de Clare avec son morne sourire . Allez , mais non pas dans la chambre voisine . Soyez au rez-de-chaussée ; je ne veux pas qu' on entende ce qui sera dit ici . ”
Paul Féval, La Bande Cadet (1875)
“ Et celle-ci était « belle à la folie » comme avait dit M. le prince de Souzay , qui n' était pas encore duc de Clare , en la voyant pour la première fois . Belle de toutes les beautés , régulière et piquante , pleine en même temps de tendresses et de fiertés , rieuse et digne , hautaine avec des souplesses imprévues , elle avait tout , jusqu' à la gentillesse qui semblait si fort au-dessous d' elle . Quand elle releva son voile , deux larmes suspendues à ses longs cils roulèrent sur la pâleur veloutée de ses joues , Le duc laissa échapper un gémissement . ”
Paul Féval, La Bande Cadet (1875)
“ Le malade tremblait comme l' enfant qui a désiré violemment et qui voit tout à coup surgir son souhait accompli . Elle s' arrêta à deux pas du chevet de son mari ( car cette femme était Madame la princesse de Souzay , duchesse de Clare depuis la mort du général ) , à la place même où Morand était naguère . Elle n' avait pas encore parlé , mais tout en elle disait la profonde émotion qui la poignait . – Angèle ! répéta le malade comme s' il eût éprouvé à prononcer ce nom une volupté mortelle qui l' exaltait et le brisait à la fois , approchez -vous . ”
Amélie Amestoy, Rébecca la sorcière, comédie en trois actes (1899)
“ NELLY Par un concours de circonstances multiples. J'étais à Londres quand j'appris la mort glorieuse de votre noble père, le comte de Claremont. MARY Il a donné sa vie pour son roi. NELLY Cette fin était digne de lui. Dieu a récompensé là-haut tant de vertus unies à une valeur rappelant les temps de la chevalerie. Pour en revenir à mon récit, je sus également que vous aviez suivi votre tante, la duchesse de Milford, en Cornouaille. MARY, soupirant. Voilà un an que nous sommes dans ce château, qui me semble bien triste, comparé à notre manoir de Claremont. ”
Emmanuel Denoy, Mademoiselle Clarens (1880)
“ J'ai pu savoir ainsi que « Mlle Clarens » (qu'il connaît pour avoir dressé les plans de son hôtel) est une jeune femme du plus grand mérite, d'une intelligence remarquable, d'une érudition exceptionnelle, aussi spirituelle que jolie, aussi honnête qu'artiste et dont le seul tort est de se trouver seule, à vingt ans, à la tête d'une grande fortune, circonstance qui peut lui valoir les soupçons les moins fondés. ”
Jeanne Marais,
Les Trois Nuits de Don Juan
“ Avoir possédé négligemment toutes les femmes et se trouver en face de la Femme ! Être fasciné aussi ingénument qu’un adolescent à l’âge, hélas ! où nous n’avons plus la versatilité de la jeunesse pour nous guérir... Je sais que Francine Clarel est une créature quelconque qui ne jouit point d’une séduction rare. Mais qu’importe ! C’est celle qui était destinée à transformer mon caprice en un amour obstiné, l’unique maîtresse capable de me retenir ; et l’on voit tous les jours des hommes s’affoler pour une petite femme très ordinaire que bien d’autres ne regardent même point. ”
Maria Edgeworth,
Bélinde
(1801)
“ Pourquoi, ma chère ? dit lady Delacour, Abandonnez-vous mon pauvre Clarence à cause de sa maîtresse des bois, de Virginie Saint-Pierre ? Je vous demande pardon, ma chère ; mais ce jeune homme vous aime à la folie. Parce qu’un doute, un soupçon, une fausse délicatesse, quelque mal-entendu, l’empêchent dans ce moment d’être à vos pieds, vous prenez du dépit (ce qu’une jeune femme ne doit jamais faire) : vous allez vous marier avec quelque sot ! uniquement, sans doute, pour exciter la jalousie de Clarence. ”
Maria Edgeworth,
Bélinde
(1801)
“ Ils se gardèrent bien de parler de leur aventure, sachant que Clarence leur demanderait raison de leur curiosité. Ils résolurent cependant de profiter de ce qu’ils avaient découvert à son insu, pour lui nuire dans l’esprit de lady Delacour et de miss Portman ; mais ils se promirent d’agir toujours avec un grand mystère. Sir Philip répéta donc souvent devant elle que Clarence se connaissait parfaitement bien en beauté ; qu’il ne se contentait pas d’une seule, qu’il voulait réunir la mode à l’esprit, et l’élégance à la beauté. ”
Jeanne Marais,
Les Trois Nuits de Don Juan
“ Je ne te comprends pas de préférer la plus banale cabotine à mademoiselle Francine Clarel... Décidément, aux yeux du coq, la perle ne vaudra jamais le grain de mil... Jacques lui coupa la parole : — Le coup de foudre à distance... Pan ! Ô mystères de l’électricité ! Voilà un homme qui tombe amoureux — subitement — d’une femme qu’il avoue n’avoir jamais vue ! Maxime haussa les épaules : — Je ne m’occupe guère de la femme, pour l’instant... Seulement, j’ai lu les romans de Clarel et je lui trouve un esprit bizarre, une mentalité très particulière — qui m’intrigue un peu, c’est vrai. ”
Jeanne Marais,
Les Trois Nuits de Don Juan
“ Clarel entendit bourdonner derrière elle les chuchotements des suiveurs : — Vous êtes ravissante, madame. Elle marcha un peu plus vite. — Mazette ! vous trottez ferme... Une femme qui se presse ne peut courir que chez son amoureux. Francine dépassa la rue du Quatre-Septembre. — Il est bien heureux, celui que vous allez rejoindre. Clarel réprima un ricanement. Elle s’engagea sur les grands boulevards. — C’est un amoureux qui vous attend ? — Oui ! fit rageusement Clarel en se retournant brusquement vers le suiveur obstiné. ”
Jeanne Marais,
Les Trois Nuits de Don Juan
“ Maxime continua : — Tu connais Clarel, ayant vécu dans son intimité durant deux ans. Ai-je besoin de te décrire la fureur et la haine qu’elle ressentit en t’écoutant ?... Et c’est fort compréhensible. En général, il est périlleux d’entendre quelqu’un parler de vous, lorsqu’il ignore votre présence : cette fois, tu avais forcé la dose habituelle. Francine ne songea plus qu’à se venger de son humiliation. Et voici où mon malheur commence... Je m’étais ingénié à rencontrer Clarel afin de gagner notre pari. Du jour où je fus en relations avec elle, je m’épris ardemment de Francine. ”
Paul Féval, La Bande Cadet (1875)
“ Beaucoup de choses peuvent tenir en peu de mots , chérie , reprit -elle . En cinq minutes , nous avons le temps de mettre les points sur les i , comme parle notre excellente Adèle . Je viens de vous en dire assez pour que vous me compreniez désormais à demi-mot . Nous sommes , vous , moi , M me la duchesse , et Georges de Souzay , les derniers de Clare , et je m' étonne un peu de la tranquillité que vous gardez en écoutant ce grand nom , qui est le vôtre . ”
Maria Edgeworth,
Bélinde
(1801)
“ Alors mistriss Freke se loua avec volubilité d’avoir prévu le peu de durée de l’attachement de Clarence pour lady Delacour, assurant, malgré tout ce que Bélinde put lui dire pour la désabuser, que Clarence avait été séduit un instant par les apparences ; mais qu’il avait un cœur et un esprit trop distingués pour s’attacher à une femme légère. ”
Jeanne Marais,
Les Trois Nuits de Don Juan
“ Francine la considérait avec une sollicitude affectueuse ; ses grands yeux avaient une expression de franchise et de tendresse qui révoltait la vieille fille. Clarel déclara : — Vous broyez du noir, en ce moment... Mauvais pour la santé, ça... Il faut remettre un peu de bleu sur votre palette. Vous êtes toujours seule, aussi... c’est déprimant, parfois, ce recueillement où se plaît l’artiste. Tenez : je vais vous forcer à vous secouer, moi ! Ma chère amie, je joue les pique-assiette afin de vous servir : je m’invite à dîner chez vous pour demain, huit heures. ”
Hippolyte Bonnellier, Nostradamus
“ Le nom de Clarence livré à la voix de tout un peuple ? demanda Nostredame avec sévérité. — Le peuple ne l’a point nommée, mais un incident m’a fait conjecturer que la femme dont il étoit question devoit être Clarence. — Parlez encore, monsieur le président, j’écoute : — Illustre Nostredame, mon ami... Une femme est bien foible, livrée aux séductions du monde... ”
Jean-François Marmontel,
Contes moraux. Tome 1
(1761)
“ La seule consolation dont Madame de Clarence fut capable , étoit la confiance religieuse que lui inspiroit une si belle mort. Il fut, disoit-elle , plus foible que méchant, & plus fragile que coupable. Le monde l'avoit égaré par les plaisirs, Dieu l'a ramené par les douleurs. Il l'a frappé , il lui pardonne. Oui, mon époux , mon cher Clarence ! s'écrioit-elle , dégagé des liens du fang &: du monde, tu m'attends dans le fein de ton Dieu. ”
Rosine Midy, Huit jours de pluie : nouveaux contes moraux à l'usage de la jeunesse… (1859)
“ Clarence lui pressa la main en l'embrassant avec effusion; pour Juliette, elle lui passa le bras autour du cou, et trouvant dans son jeune coeur ce qu'il fallait lui dire : " Pauvre Célestine, fit-elle, tu n'as jamais été embrassée par ta mère; tu as perdu ton père dans la guerre d'Afrique; et c'est un grand malheur limais ta grand'mère te reste, au moins, et elle est si bonne, ta grand'- mèret Je voudrais bien avoir la mienne, moi. — Enfin, reprit Clarence pour changer la direction des idées, le fait est que rien n'est moins gai qu'une pension pendant les vacances ”
William Shakespeare,
Richard III
(1597)
“ RICHARD — Va, suis le chemin par lequel tu ne reviendras jamais, — simple et naïf Clarence ! Je t’aime tellement — que je veux au plus vite envoyer ton âme au ciel, — si le ciel veut accepter ce présent de nos mains... ”
Clotilde-Marie Collin de Plancy, Jane Shore. Tome 1 (1824)
“ Clarence s'était aussi aliéné le coeur de la reine. Le duc de Glocestre , son frère cadet, prince d'une politique profonde et dissimulée, était secrètement son ennemi sons 166 JANE SHORE. les dehors d'une feinte tendresse. On se ligua pour le perdre. On commença par faire mourir quelques-uns de ses amis les plus chers. Clarence indigné se plaignit hautement ; on s'y était attendu. Surle-champ le roi le fit emprisonner à la tour de Londres, pendant que la chambre des pairs instruisait son procès. Edouard lui-même , irrité contre lui, se montra son accusateur. ”
Maurice Leblanc,
La Femme aux deux sourires
“ Que dis-tu ? — Rien... rien... c’est un point de comparaison que je prenais... Mais tu as raison... À quoi bon nous accuser nous-mêmes, l’un et l’autre ? Clara et Antonine, vous êtes aussi douces et aussi pures l’une que l’autre, et c’est toi que j’aime le mieux, Clara. Et pour moi, si je suis un mauvais sujet, ça ne m’empêche pas d’être un brave homme, et d’être un amoureux, pas toujours fidèle peut-être, mais charmant, attentif, plein de qualités... Raoul riait tout en l’embrassant et en répétant à chaque baiser : — Clara... Clara la douce... Clara la triste... Clara l’énigmatique... ”
Eustace Clare Grenville Murray, Étranges histoires (1880)
“ Elle releva la tête et tourna vers moi, d'un air surpris, ses beaux grands yeux bleu de ciel, les plus beaux, les plus doux que j'aie vus de ma vie. Ses cheveux noirs tombaient en longues boucles sur ses épaules; ses lèvres avaient la fraîcheur de la cerise, ses joues l'éclat, d'une rose de mai, et ses manches retroussées jusqu'aux coudes laissaient voir une peau fine et blanche qu'aurait pu envier une duchesse. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Clary n’acheva pas. — Anna était devenue sérieuse à son tour et attachait sur sa sœur un regard triste et curieux à la fois. — Tu n’espères plus ! dit-elle ; — que me caches-tu donc, Clary ?... Ne t’ai-je pas toujours ouvert mon cœur tout entier, moi ?... — Petite folle ! répondit Clary en essayant de sourire ; il n’y a que ceux qui aiment pour avoir des secrets... et moi, je n’aime personne... ”
Jean-François Regnard,
Le Panthéon populaire illustré…
(1825)
“ CARLIN. Cela n'est pas croyable. Je le vois pour Clarice amoureux comme un diable, C'est-à-dire beaucoup; mais comme il est distrait, Son esprit se promène encor sur quelque objet. Le dédit que son oncle a fait pour Isabelle Partage son amour, et le tient en cervelle. Je sais que ta maîtresse a de naissants appas, Et sur-tout de grands biens, que Clarice n'a pas ; Mais mon maître est fidèle, et son ame est pétrie De la plus fine fleur de la galanterie : Il ne ressem ble pas à quantité d'amants; C'est un homme, morbleu, tout plein de sentiments. ”
