Pierre Mille,
Nasr'Eddine et son épouse
(1918)
“ Depuis quarante ans il vivait dans la même cellule, sans jamais en sortir, méditant sur la gloire et les attributs d’Allah : une cellule de dix pieds carrés, sans autres meubles qu’une écuelle, une natte, un tapis de prière, un foyer où Nasr’eddine n’aperçut que des cendres, froides depuis quarante ans. Nasr’eddine fut ému, mais attristé. Ce n’était pas ainsi qu’il concevait la Foi.— La beauté des choses n’est-elle pas aussi une prière ? fit-il. Ne méditerais-tu pas mieux devant la Corne d’Or, les collines de Scutari, l’eau amère et remuante qui toujours a l’air d’être en vie ? ”
