Maurice de La Sizeranne

Résumé

Maurice de La Sizeranne Les aveugles par un aveugle (1889)

Le tricot, le lacet au boisseau, la reliure des livres leur ont
laire dura plus que le Roi, car le cordon ne vint jamais.
Haüy enseignait à ses élèves la musique vocale et instrumentale, et Gossec, le musicien à la mode, composait des messes pour le petit orchestre des aveugles, des chœurs sur des paroles d'un élève de l'école ; c'est dans un de ces hymnes à la louange de leur maître, qu'ils chantaient ces vers souvent joints en exergue au portrait d'Haüy : Les Arts et les Vertus lui prêtent leur flambeau, Pour éclairer l'aveugle au fond de son tombeau.
Source : Gallica

Maurice de La Sizeranne Les aveugles par un aveugle (1889)

Il est certaines prononciations, certaines manières d'articuler, de scander, certains sons de voix qui ne s'oublient pas, et, s'ils ont remué l'âme de l'aveugle à l'heure qui modifie la vie, le souvenir, âpre ou parfumé, se grave dans le cœur plus encore que dans la mémoire de celui qui n'a pas vu le regard, mais qui a entendu, compris
le soupir, et à l'autre bout du monde, après vingt ans de séparation, peut-être d'indifférence, ce souvenir lui fera nommer une personne au premier mot, au premier souffle.
Source : Gallica

Maurice de La Sizeranne Les aveugles par un aveugle (1889)

Il faut se garder de généraliser en bien comme en mal: si l'on connaît un aveugle adroit, ne pas croire que tous sont tels, mais surtout ne pas conclure à la maladresse, à la gaucherie, comme conséquence inévitable de la cécité, parce qu'on rencontre un aveugle lourd, gauche, embarrassant et embarrassé.
Quoique les défauts soient plus vite généralisés et exagérés que les qualités, il arrive souvent qu'émerveillé de ce qui peut être fait par le toucher, on demande si les aveugles distinguent les couleurs. Non. La couleur n'est ni tangible ni perceptible par l'ouïe, l'odorat ou le goût.
Source : Gallica

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