Edgard Guilbeau

Résumé

Edgard Guilbeau Chants et légende de l'aveugle (1891)

De son âme à longs flots déborde la tendresse.
Sa bouche a des soupirs tout pleins d'enivrements !
A ses lèvres, son coeur dicte des mots charmants.
Il dit ce qu'il ressent, il dit ce qu'il espère !
A l'aveugle il promet un avenir prospère ;
Sans ordre, pêle-mêle, il exprime à la fois
Ses longs ravissements, ses troubles, ses émois.
Dans sa main, de l'aveugle il lient la main pressée ;
En murmure d'amour s'exhale sa pensée.
« Je vous aime ! » Cent fois les accents les plus doux
Répètent : « Je vous aime et n'aimerai que vous ! »
Source : Gallica

Edgard Guilbeau Chants et légende de l'aveugle (1891)

Nous, que la cécité garrotta de ses chaînes; Nous, qu'une douleur lie à des douleurs prochaines; Nous, qui ne savons pas tout ce qu'est la beauté; Nous, pour qui le besoin de lumière est torture ; Nous, qui nous épuisons à dompter la nature, A corriger le sort, à chercher la clarté !
O France, nous t'aimons ! florissante ou meurtrie, Nous t'aimons ! n'es-tu pas deux fois notre patrie? Et peut-il être ailleurs un plus charmant séjour ? Nous avons dans ton sein jadis trouvé le germe De nos quelques bonheurs ! ton sein encor renferme L'élément qui conduit nos âmes vers le jour.
Source : Gallica

Edgard Guilbeau Chants et légende de l'aveugle (1891)

Plus j'y pense Et plus je t'aime, Haüy ! Belle est ta récompense Si tu peux écouter les accents de nos voix Et savoir le présent! Jouis, si tu nous vois, Jouis des résultats de ton oeuvre féconde Et de ta noble part dans les progrès du monde ; Contemple le bonheur des heureux que tu fais ; L'aveugle d'aujourd'hui résume tes bienfaits !... Béni sois-tu diront les soupirs des familles, Le rire des enfants, les chants des jeunes filles ; Béni sois-tu, dira toujours le genre humain, Pour avoir redressé l'aveugle de ta main !...
Source : Gallica

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