Edgard Guilbeau, Chants et légende de l'aveugle (1891)
“ De son âme à longs flots déborde la tendresse. Sa bouche a des soupirs tout pleins d'enivrements ! A ses lèvres, son coeur dicte des mots charmants. Il dit ce qu'il ressent, il dit ce qu'il espère ! A l'aveugle il promet un avenir prospère ; Sans ordre, pêle-mêle, il exprime à la fois Ses longs ravissements, ses troubles, ses émois. Dans sa main, de l'aveugle il lient la main pressée ; En murmure d'amour s'exhale sa pensée. « Je vous aime ! » Cent fois les accents les plus doux Répètent : « Je vous aime et n'aimerai que vous ! » ”
