Louise Ackermann,
Contes, par L. Ackermann
(1863)
“ Et tout ton coeur se brisait à cela. Ma pauvre enfant, toujours l'amour repose Sur un roseau; n'en sommes nous tous là? — Oui, mais du moins vous gardez l'ignorance De l'heure où doit la mort frapper son coup : Entre roseaux qui s'aiment, l'espérance D'être brisé le premier, c'est beaucoup ! Aimant, pleurant, le Temps toujours avance ; C'est un vieillard, mais un vieillard pressé. Deux ans vraiment, c'est peu quand on y pense : Deux ans d'amour, ah ! c'est si tôt passé ! Pour nos époux ils ont fui comme un rêve ; Nous y voilà.... le jour fatal se lève. ”
