Arnould Frémy

Résumé

Arnould Frémy Journal d'une jeune fille (1853)

Tu ne sens plus que l'on ait pour toi cette tendresse des premiers temps du mariage !
Ainsi le bonheur s'épuise vite, il n'y a que les peines qui persistent et durent dans ce monde.
Que ne suis-je auprès de toi ! je te consolerais, je te fortifierais, je connais si bien tous les détours de ton coeur et tous tes besoins impérieux d'attachement sans fin!
Cette apparence de froideur que ton mari te témoigne n'est qu'un nuage sans doute inévitable clans une grande affection, et qui se dissipera de lui-même. Tu m'annonceras bientôt que tu es plus heureuse, plus adorée que jamais.
Source : Gallica

Arnould Frémy Journal d'une jeune fille (1853)

Tant de mères étouffent par calcul le coeur de leurs filles! Elle, au contraire, m'a laissée me développer en tout abandon dans ce qu'elle croyait être la force de ma nature et la sûreté de mes principes.
J'étais à ses yeux une âme à part et placée par sa noblesse même au-dessus de tous les dangers de la vie. Triste et fatal orgueil, bien naturel pourtant chez une mère et qui a tout perdu !
Après les reproches sont venues les larmes ; alors j'ai commencé à m'attendrir, j'ai pleuré moi-même. L'émotion agit sur moi plus sûrement que les menaces.
Source : Gallica

Arnould Frémy Journal d'une jeune fille (1853)

Ma mère m'a embrassée avec tendresse, et m'a répondu qu'elle voulait avoir l'air de tout ignorer et s'en rapporter entièrement à ma prudence et à mon bon sens. Je devais sentir, aussi bien qu'elle, ce qu'il me restait à faire et ce que me prescrivait pour l'avenir la conduite de M. V...
Dans quel abattement, dans quelle honte de moi-même suis-je tombée, lorsque je me suis vue seule ! Mentir pour la première fois à celle qui m'aime plus que sa vie, qui me témoigne une si aveugle confiance ! Vers quel gouffre fatal me laissai-je aller ?...
Source : Gallica

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