“ pour le reste de ta vie,LVII Oh ! pour le reste de ta vie, Oh ! pour le reste de ta vie, Qu’on nous plaigne ou qu’on nous envie, Tant que nos coeurs se comprendront, Puisse une sereine pensée, A ton chevet toujours fixée, Poser ses ailes sur ton front ! ”
Reste
Définition et enjeux
Le concept de « reste » désigne ici une possibilité de persistance, souvent liée à des choix collectifs tels que les référendums. Ce thème, abordé par de nombreux auteurs, révèle des enjeux temporels, existentiels ou symboliques.
Victor Hugo évoque le « reste de ta vie » comme un horizon de souffrance ou d’espoir, tandis que Rainer Maria Rilke met en avant la « présence pure » du reste dans l’évolution. Camille Bellaigue, quant à elle, y perçoit la vérité et la vie elle-même dans l’éphémère. Ces interprétations soulignent la tension entre préservation et transience, thème central dans les textes examinés.
Citations sur “reste”
Rainer Maria Rilke,
Poèmes français
“ Sans repos tu changes d’habit, même de chevelure ; derrière tant de fuite, ta vie reste présence pure. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Le reste, tout le reste est la vérité et la vie. Impossible de mieux donner aux yeux l’illusion de la foule, du fourmillement et de la cohue, d’une fête ou d’une foire nocturne, de l’entrain populaire, de la bousculade et du charivari. ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
(1885)
“ Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Ce livre, c’est le reste effrayant de Babel ; C’est la lugubre Tour des Choses, l’édifice Du bien, du mal, des pleurs, du deuil, du sacrifice. Fier jadis, dominant les lointains horizons, Aujourd’hui n’ayant plus que de hideux tronçons, Épars, couchés, perdus dans l’obscure vallée ; C’est l’épopée humaine, âpre, immense, — écroulée. ”
Comtesse de Ségur,
Mémoires d’un âne
(1860)
“ pensai-je ; que devenir ? Si je reste ici, je périrai de froid, de faim, de soif. Mais où aller ? Qui est-ce qui voudra de moi ? ”
Gabriel Martin, Les poésies fantaisistes (1886-1893… (1894)
“ Après être resté courbé longuement sur la tâche ; après avoir mùri et rendu une conception forte, solide et frappant juste; une lourde pierre ayant été hissée, difficilement, sur la bâtisse, on éprouve le besoin d'un repos tranquille, d'un futile délassement. ”
Maurice Renard,
L’homme truqué ; suivi de Château hanté et de La rumeur dans la montagne
“ « Est-ce que je vais vivre à présent les yeux tournés vers le passé ? Est-ce que je vais rester en extase devant ce que j’ai été ? Ma jeunesse me ronge et m’éblouit à la fois. Ma jeunesse est en moi comme... comme un cancer resplendissant, c’est ça. Quel pays merveilleux j’ai traversé en aveugle ! ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Un moment après, il était dans son jardin, marchant, rêvant, contemplant, l’âme et la pensée tout entières à ces grandes choses mystérieuses que Dieu montre la nuit aux yeux qui restent ouverts. ”
Adolphe Dumas,
La Cité des hommes, par M. Adolphe Dumas
(1835)
“ Qu'ai-je de toujours, Moi, qui n'ai qu'une fosse et ne vis que deux jours ? Si c'est Dieu qui t'envoie, ô vision, muse, ange ! Viens, parle-moi du ciel tout le temps que je change ; Jette le grain d'encens sur mon humanité, Et que ma vie exhale un air d'éternité. ”
“ Si tu t’arrêtes ici un instant, tu verras que, dans le sein de cette retraite, les natures les plus puissantes et les plus choisies sont venues se reposer et se retremper en attendant les mystérieux destins de l’autre vie. ”
Antonin-Dalmace Sertillanges,
Recueillement : dix minutes de culture spirituelle par jour…
(1937)
“ Ainsi de notre propre vie. Notre passé nous chante sa symphonie ample et diverse; notre présent retentit comme un pas et notre avenir nous envoie déjà sa rumeur confuse. En chacun, passé, présent ou avenir, toute la destinée, et la nature, et l'humanité, et Dieu peuvent trouver écho. ”
Alphonse Gratry,
Fragments sur l'art et la philosophie…
(1859)
“ Ainsi nous vivons au milieu d' un flux perpétuel , et pourtant le repos , de quelque nom qu' on le désigne , bonheur , infini , beauté , amour , vérité , le repos de l' esprit et le repos du cœur , le repos fait comme le fond de nous-mêmes et le principe de notre être ; et chaque fois que fatigués du mouvement de la vie nous regardons en nous , nous en trouvons l' idée et le désir . ”
Eugénie de Guérin,
Journal
(1865)
“ Quand tout le monde est occupé et que je ne suis pas nécessaire, je fais retraite et viens ici à toute heure pour écrire, lire ou prier. J’y mets aussi ce qui se passe dans l’âme et dans la maison, et de la sorte nous retrouverons jour par jour tout le passé. ”
Anonyme, Eléonore ou l’Heureuse personne (1799)
“ Mais il est, entre notre existence et la tienne, une si grande différence ! la durée de notre vie surpasse tellement la vôtre ! un seul de nos jours comprend un grand nombre de vos années, presque votre vie entière. Et pendant l’espace qui répond à votre nuit, et que remplit un sommeil nécessaire, votre vie s’écoule, et à notre réveil, l’objet de nos affections n’existe plus ou n’est plus lui-même. ”
Marie-Jeanne Riccoboni,
Sophie, ou le mariage caché
“ Une simple demeure, Loin du monde & du bruit, Qui nous offre à toute heure, L’objet qui nous séduit : Pour notre ame ravie, C’est un bien suffisant ; Point de maux dans la vie, Si le cœur est content. ”
André Gide,
L’Immoraliste
(1902)
“ Oui, mes sens, réveillés désormais, se retrouvaient toute une histoire, se recomposaient un passé. Ils vivaient ! ils vivaient ! n’avaient jamais cessé de vivre, se découvraient, même à travers mes ans d’étude, une vie latente et rusée. ”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 21
“ Si vous cherchez du repos en cette vie, comment arriverez-vous un jour au repos éternel? Préparez-vous, non à beaucoup de repos, mais à une longue patience. Cherchez la vraie paix, non sur la terre, mais dans le ciel; non parmi les hommes et les autres créatures, mais en Dieu seul. ”
Le Comte de Saint-Jean, Les Femmes poètes bretonnes
“ Une pensée unique l’enveloppe comme un suaire immense et lumineux, l’Éternité ! Elle n’a ni jeunesse, ni vieillesse ; elle aspire au repos éternel, non en répétant la maxime orientale : « Il vaut mieux être assis que debout, couché qu’assis, mort que vivant ; » ”
Juliette Pary, L'amour des camarades (1948)
“ Le passé me revient : la maison abandonnée, les séparations successives, les erreurs, défaites, maladresses, mesquineries, humiliations, cruautés, dégoûts, discordes, impropriétés, et tous les manquements que j'ai commis ou subis. La vie a perdu son sens. ”
Max Hermant, Idoles allemandes (8e édition) (1935)
“ Le repos, le repos éternel, ce rêve des sages et des moines, la pure contemplation d'Aristote, le ciel paisible des peintres florentins, le prolongement sans fin d'un instant qui demeure, la béatitude en un mot, récompense des justes, envie des damnés, soudain se transforme en un objet de crainte et prend le nom d'une mort éternelle. ”
Joaquim Maria Machado de Assis,
Mémoires posthumes de Braz Cubas
“ Vie éphémère, s’écria la vision, pourquoi souhaiter encore quelque prolongement ? pour dévorer encore, et être enfin dévorée à ton tour. N’es-tu point lasse du spectacle de la lutte ? Tu connais à fond tout ce que je t’offre de moins ignoble et de moins triste : le lever du soleil, la mélancolie des soirs, le sommeil, enfin, qui est le plus grand présent de mes mains. ”
Voltaire,
Correspondance, VIII (1759-1760…
“ Tracassez bien, sire, votre illustre, et glorieuse, et malheureuse vie, et puissiez-vous enfin goûter le repos, qui est le seul but de tous les hommes, et qui sera mieux employé par un philosophe tel que vous que par aucun de ceux qui croient l’être ! ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome II
“ Heureux les hommes qui passent sur la terre dans un de ces moments de repos qui servent d'intervalle aux convulsions d'une nature condamnée et souffrante!—Fuyons, madame; Encelade se tourne.—Mais où fuir? Ne sommes-nous pas attachés par tous les liens de l'amour et du devoir? ”
Victor de Laprade,
Odes et Poèmes
“ Contre le repos Va ! marche au but suprême où marche toute chose : Vois, d’un souffle divin l’espace est tourmenté ; Quel globe est endormi ? quel astre se repose ? Toi seul tu prétendrais à l’immortalité ! ”
François Coppée,
Oeuvres complètes de François Coppée…
(1885-1909)
“ Enivré de calme, de solitude et de silence, j'imaginais déjà une vie tout entière, lentement, doucement, paisiblement vécue dans ces ruines verdoyantes, une existence mélancolique sans chagrin, monotone sans ennui, remplie seulement par d'humbles travaux et de chers devoirs ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1855)
“ Ainsi la nature me rappelait elle-même que je rompais avec mes habitudes, avec tout mon passé, pour commencer une vie nouvelle, et je sentais s'agiter dans mon cœur les mêmes émotions, les mêmes attendrissements que lorsque j'avais quitté Paris et la France. ”
Olivier-Jules Richard, Miscellanées : poésies (1867)
“ Vois-tu chez nous, bel astre, un peu plus de sagesse Que n'en avait le monde, au temps de sa jeunesse, Et nos coeurs, aujourd'hui, sont-ils plus près des cieux? Non ! notre âme n'est pas beaucoup mieux préparée A se voir, par la mort, pour toujours séparée De la terre et des biens qui captivaient nos yeux. ”
Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, Le château (2e édition) (1880)
“ De tant de jours de deuil, de crainte et d'espérance, De tant d'efforts perdus, de tant de maux soufferts, En es-tu lasse enfin, pauvre terre de France, Et de tes grands enfants l'éternelle inconstance Laissera-t-elle un jour de calme à l'univers ? ”
Henry Rider Haggard,
Découverte des mines du roi Salomon
“ Qu’est-ce que la vie, ô blancs ? Dites-le moi, vous qui êtes puissants, qui comprenez le secret de la terre et des astres ! Vous qui, sur des fils légers, et sans voix, portez au loin vos paroles ! Quel est le secret de la vie ! ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Jeune
“ De ce peu d’heures, combien nous prennent les larmes, combien les soucis, combien nos souhaits de mort avant que la mort n’arrive ; combien les maladies, les craintes, les années ou trop tendres ou incultes ou stériles : et la moitié du tout se passe à dormir ! Ajoutes-y travaux, afflictions, périls ; tu reconnaîtras que même dans la plus longue vie la moindre part est celle où l’on vit en effet. ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Toute la dernière scène roule sur la double acception des termes de voyage, d’asile, de demeure paisible, d’éloignement des hommes, de dernier terme des revers et des maux, de repos, qui conviennent à une fuite réelle ou à la mort. ”
Friedrich Nietzsche,
Le Gai Savoir
“ Ceux qui cherchent le repos. — Je reconnais les esprits qui cherchent le repos au grand nombre d’objets sombres qu’ils placent autour d’eux : celui qui veut dormir obscurcit sa chambre ou bien se blottit dans une caverne. ”
G d Aigny, Récit d'un soldat. Ma première campagne… (1872)
“ Les plus beaux souvenirs, le plus ardent amour, Le renom et la gloire, et tout ce qu'enfin l'homme Dans sa vie a rêvé va disparaître en somme, Malgré tous ses travaux, ses soins et ses tourment?, Dans l'abîme sans fond, sombre gouffre du temps, A tout moment creusé par le siècle qui tombe, Sans que son poids altère en cette vaste tombe Son silence effrayant !. ”
Paul Blanchemain,
Paul Lerolle : souvenirs d'un ami
(1925)
“ C'était ravissant. La vie reprenait sa revanche de la mort et, par ses mille voix, dans les champs, dans les prés, dans les bouquets de bois, le long de la mer, la nature chantait sa mystérieuse renaissance. ”
“ La vie douloureusement rêvée et souhaitée aux heures mornes d’esseulement, de lassitude et d’inquiète nostalgie des patries inconnues mais pressenties si belles ! La vie merveilleusement transfigurée, chaude, parfumée, resplendissante. ”
Jean-Marie Déguignet,
Mémoires d’un paysan bas-breton
“ Par la vie, on entendait un séjour d’épreuves terribles, de travail, de prières, de privations, de misère et de souffrance qui doivent conduire l’homme à la vraie vie, à la vie éternelle, dans ce beau ciel où sa place est prête depuis longtemps ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ C’était fini ; le travail le rebutait, la promenade le fatiguait, la solitude l’ennuyait ; la vaste nature, si remplie autrefois de formes, de clartés, de voix, de conseils, de perspectives, d’horizons, d’enseignements, était maintenant vide devant lui. ”
Godefroy Sidler, Ville de Genève. Catalogue officiel du Musée de l'Ariana… (1905)
“ Imaginez, au milieu des horreurs du siècle, un lieu privilégié, une sorte de retraite angélique, idéalement silencieuse et fermée, où les passions se taisent, où les troubles cessent, où poussent, comme des lis, des ingénuités, des douceurs, une mansuétude surnaturelle. ”
George Groslier,
À l’ombre d’Angkor
“ Et c’est très beau ce repos, cette fraîcheur, ces nouvelles forces puisées, au sein de l’élément auquel on vient de disputer sa vie, en cet endroit qu’on voit encore et dans lequel un homme tombé eut été un homme perdu. ”
Maurice de Guérin,
Journal, Lettres et Poèmes
(1862)
“ Le calme et les ombres président au charme secret du sentiment de la vie. Ombres qui habitez les cavernes de ces montagnes, je dois à vos soins silencieux l'éducation cachée qui m'a si fortement nourri, et d'avoir, sous votre garde, goûté la vie toute pure, et telle qu'elle me venait sortant du sein des dieux ! ”
Charles Robert Maturin,
Bertram, ou le Château de St-Aldobrand…
“ Ô grand Dieu ! que ne puis-je descendre et m’anéantir au centre de la terre... que ne puis-je y dormir éternellement ensevelie et dépouillée de tout sentiment, parmi des êtres sans forme, ou qui n’ont jamais vécu ! ”
Joseph André Guiot, Les trois siècles palinodiques ou Histoire générale des palinods de Rouen… (1898)
“ Que l'éclat imposant qui marque votre vie Aux coeurs simples et purs doit causer peu d'envie ! Vous ne connaissez pas ces spectacles touchants, Le calme intérieur dont on jouit aux champs. Les pavots du sommeil sont loin de vos demeures ; Le temps à pas tardifs règle pour vous les heures, Et des maux du vieil âge avant le terme atteints Le désir vainement presse vos sens éteints. ”
Gustave Toudouze,
La fleur bleue
(1889)
“ Chaque découverte qu'elle fait la plonge dans un ravissement nouveau, l'entretient dans cette atmosphère grisante, et, machinalement, passant sur ses yeux las une main un peu lourde, elle s'interroge presque tout haut : — On dirait une autre vie, un rêve!... Quelle est la vraie vie? ”
Frédéric Monneron, Poésies de Frédéric Monneron
“ Que l’on vécût de force et non de souvenance, De regrets superflus, de stérile espérance ; Qu’entre naître et mourir, ces pôles lumineux, On pût dormir la vie, on pût rêver les cieux. Ô foi ! muet langage ! ”
Eugène Morel,
Terre Promise (Eugène Morel - La Revue blanche…
“ Et que cependant tu parles déjà de réaliser... — Belles phrases, idées complètes, un monde tout prêt, travail, gain, lois, récompenses, drapeaux, avancement... tout, quitte à n’avoir rien ! Mais que ça brille !... — Alors peut-être on écoutera... Parle à la nuit, à l’herbe des espaces solitaires, aux murs des rues désertes, au toit de ta mansarde... Si tu parles de choses qu’on peut, les choses, qui ne peuvent pas, elles, seules écouteront. ”
Jules Lemaître,
Les Contemporains, 6ème Série
“ Il nous plaît d’abord par l’image parfaite qu’il nous suggère, à nous les agités, d’une vie recluse et silencieuse, de la vie dont nous rêvons quelquefois, d’une pure et blanche retraite au milieu de l’enfer terrestre, plus douce à concevoir en plein siècle des Jacqueries et de la guerre de Cent ans. ”
Augustine Bulteau,
La Lueur sur la cime
“ Vous accorderez bien que tout n’avait pas été senti. L’histoire est tranchée en deux par l’éveil de la vie intérieure, devenue plus forte et plus riche que la vie de l’action. Non, le moyen âge n’est pas un sommeil, c’est un recueillement. ”
