Joaquim Maria Machado de Assis

Joaquim Maria Machado de Assis

Résumé

Portrait de Joaquim Maria Machado de Assis Joaquim Maria Machado de Assis Mémoires posthumes de Braz Cubas

La vieillesse ridicule est sans doute la dernière, mais aussi la plus triste des surprises de notre humanité.
— Je sais que cette fois-ci vous allez vous mettre à traduire Cicéron, me dit-il en apprenant mon voyage.
— Cicéron ! s’écria Sabine.
— Mais oui, votre frère est un excellent latiniste. Il traduit Virgile à la lecture. Remarquez que j’ai dit Virgile et non Virgilia... Ne confondons pas.
Et il riait d’un gros rire, bas et frivole. Sabine me regarda ; elle craignait quelque réplique de ma part ; quand elle me vit sourire, elle fit de même et se détourna pour cacher son geste.
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Je vis qu’il était impossible de séparer deux choses qui étaient étroitement liées dans son esprit : notre amour, et l’idée de la considération publique. Virgilia était capable des plus grands sacrifices pour conserver ces deux avantages, et elle en perdait un en fuyant. Je ressentis en ce moment une impression qui ressemblait à du dépit ; mais les émotions des deux derniers jours avaient émoussé ma sensibilité et le dépit disparut presque aussitôt.
— C’est bon, dis-je, va pour la petite maison !
Effectivement en deux jours, je trouvai notre affaire, dans un recoin de la Gamboa. Un bijou !
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Virgilia avoua que c’était possible ; mais elle n’en demeura pa moins excitée et nerveuse. Nous nous trouvions dans le salon, qui donnait sur le jardin où nous avions échangé notre premier baiser. Une fenêtre ouverte laissait pénétrer une brise qui secouait doucement les rideaux, et j’y fixais mes regards sans les voir. À travers la lorgnette de mon imagination, j’entrevoyais dans le lointain une maison, une vie qui fussent nôtres, un monde où il n’y aurait ni Lobo Neves, ni mariage, ni morale, ni aucun lien qui entravât notre volonté.
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