Résumé

Frédéric Monneron Poésies de Frédéric Monneron

L’harmonie ! nous saisissons le mot au passage : c’est le nom propre de cette vie supérieure à laquelle croyait Monneron ; c’est l’idée centrale de son œuvre. Peut-être aussi est-ce le mot suprême de toute poésie ?
Ce monde n’a de réalité propre, de vérité que par les liens qui le rattachent au monde supérieur. C’est un monde sans attraits, où, selon son expression,
« L’avenir n’est qu’espoir, le passé que regrets ! »
C’est là-haut seulement que l’ame, rendue à elle-même, jettera sa note d’amour dans l’hymne universel.
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Frédéric Monneron Poésies de Frédéric Monneron

Une vie basée sur un principe de foi est devenue un phénomène ; l’espérance, une vertu. Partout l’intelligence est reine, et la volonté paralysée ne retrouve des forces que dans le monde matériel.
Monneron, on le sent, a vécu dans cet air vicié. Poète, il aspire à la cité céleste ; mais il n’a que le génie qui dévore et le désir qui consume ; il n’a pas la force qui fait attendre. Les yeux levés vers le ciel, il y contemple son étoile, et les timides rayons qui en descendent vers la terre ne pouvant rassasier son ame, il pleure comme s’il l’eût perdue.
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Frédéric Monneron Poésies de Frédéric Monneron

Ce n’est pas là le caractère des Alpes. Le calme qui repose sur les pentes de leurs vallons est plus riant ; la tristesse de leurs vastes sommités est plus jeune, plus forte, plus poignante. Celui qui rêve pour tromper son ennui ne saurait les aimer, car elles sont l’image du génie, qui se tourmente à combler l’espace entre la terre et le ciel, sans se lasser de ses efforts impuissants. C’est ainsi que Monneron les comprend, et il se montre en cela plus grand poète que Rousseau, plus jeune que Chateaubriand, plus complet qu’Obermann.
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