Résumé

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Premières méditations poétiques…

Oh quels poëmes, si j’avais pu et si j’avais su les chanter aux autres alors comme je me les chantais intérieurement ! Mais ce qu’il y a de plus divin dans le cœur de l’homme n’en sort jamais, faute de langue pour être articulé ici-bas. L’âme est infinie, et les langues ne sont qu’un petit nombre de signes façonnés par l’usage pour les besoins de communication du vulgaire des hommes. Ce sont des instruments à vingt-quatre cordes pour rendre les myriades de notes que la passion, la pensée, la rêverie, l’amour, la prière, la nature et Dieu font entendre dans l’âme humaine.
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Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Premières méditations poétiques…

D’abord une harpe à la main, puis une épée et un sceptre, puis une lyre sacrée ; poëte au printemps de ses années, guerrier et roi au milieu, prophète à la fin voilà l’homme d’inspiration complet !
Cette poésie des derniers jours, pour en être plus grave, n’en est pas moins céleste : au contraire, elle se purifie et se divinise en remontant au seul être qui mérite d’être éternellement contemplé et chanté, l’Être infini ! C’est encore la séve du cœur de l’homme, formée de larmes, d’amour, de délires, de tristesses ou de voluptés
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Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Premières méditations poétiques… (1894)

Ma vie en longs soupirs s'enfuit à chaque haleine; Ni larmes ni regrets ne peuvent l'arrêter; Et l'aile de la mort, sur l'airain qui me pleure, En sons entrecoupés frappe ma dernière heure : Faut-il gémir? faut-il chanter2?.
Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre3; Chantons, puisque la mort, comme au cygne, m'inspire Au bord d'un autre monde un cri mélodieux4.
C'est un présage heureux donné par mon génie : Si notre âme n'est rien qu'amour et qu'harmonie, Qu'un chant divin soit ses adieux!
Source : Gallica

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