Alphonse de Lamartine,
Méditations poétiques/Édition de 1860
“ Puisse y poser ses deux genoux. Souvent, dans le secret de l’ombre et du silence, Du gazon d’un cercueil la prière s’élance, Et trouve l’espérance à côté de la mort. Le pied sur une tombe, on tient moins à la terre, L’horizon est moins vaste ; et l’âme, plus légère, Monte au ciel avec moins d’effort. Brisez, livrez aux vents, aux ondes, à la flamme, Ce luth qui n’a qu’un son pour répondre à mon âme : Celui des séraphins va frémir sous mes doigts. Bientôt, vivant comme eux d’un immortel délire, Je vais guider, peut-être, aux accords de ma lyre, Des cieux suspendus à ma voix. ”
