Maurice de La Sizeranne

Élements biographiques

Maurice de La Sizeranne,  Les aveugles par un aveugle (1889)

“ Il est certaines prononciations, certaines manières d'articuler, de scander, certains sons de voix qui ne s'oublient pas, et, s'ils ont remué l'âme de l'aveugle à l'heure qui modifie la vie, le souvenir, âpre ou parfumé, se grave dans le cœur plus encore que dans la mémoire de celui qui n'a pas vu le regard, mais qui a entendu, compris
le soupir, et à l'autre bout du monde, après vingt ans de séparation, peut-être d'indifférence, ce souvenir lui fera nommer une personne au premier mot, au premier souffle.
”
Source : Gallica

Maurice de La Sizeranne,  J. Guadet et les aveugles : sa vie… (1885)

“ L'esprit même de l'enseignement pour les aveugles ne diffère pas de ce qu'il doit être pour les voyants ; et la raison en est simple : L'aveugle qui sait lire et écrire est exactement dans la même condition intellectuelle que le voyant.
Ce qui varie de l'un à l'autre, c'est l'instrument matériel de l'instruction : l'un trouve par le relief et à l'aide du doigt ce que l'autre perçoit par la vue. Ce n'est donc pas proprement par les méthodes, c'est par les procédés que l'enseignement spécial des aveugles se distingue de l'enseignement donné dans les écoles ordinaires.
”
Source : Gallica

Maurice de La Sizeranne,  Les aveugles par un aveugle (1889)

“ Le tricot, le lacet au boisseau, la reliure des livres leur ont
laire dura plus que le Roi, car le cordon ne vint jamais.
Haüy enseignait à ses élèves la musique vocale et instrumentale, et Gossec, le musicien à la mode, composait des messes pour le petit orchestre des aveugles, des chœurs sur des paroles d'un élève de l'école ; c'est dans un de ces hymnes à la louange de leur maître, qu'ils chantaient ces vers souvent joints en exergue au portrait d'Haüy : Les Arts et les Vertus lui prêtent leur flambeau, Pour éclairer l'aveugle au fond de son tombeau.
”
Source : Gallica

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