Maurice de La Sizeranne, Les aveugles par un aveugle (1889)
“ Il est certaines prononciations, certaines manières d'articuler, de scander, certains sons de voix qui ne s'oublient pas, et, s'ils ont remué l'âme de l'aveugle à l'heure qui modifie la vie, le souvenir, âpre ou parfumé, se grave dans le cœur plus encore que dans la mémoire de celui qui n'a pas vu le regard, mais qui a entendu, compris le soupir, et à l'autre bout du monde, après vingt ans de séparation, peut-être d'indifférence, ce souvenir lui fera nommer une personne au premier mot, au premier souffle. ”
