“ Dès que l’âme est illuminée par le Bien, elle se porte vers l’Intelligence, parce qu’elle en admire la beauté. Puis elle s’élève plus haut encore, à la source de la beauté et de l’amour, et elle s’arrête au Bien parce qu’il n’y a plus rien au delà. En effet, le Bien est le principe suprême de toutes choses, parce qu’il est excellent et qu’il n’a besoin de rien. C’est lui qui a donné et qui conserve à tout l’intelligence, la vie et l’existence. ”
Plotin
Résumé
Les Ennéades, œuvre majeure de Plotin, constituent la synthèse du néoplatonisme, rédigée entre 254 et 270 apr. J.-C. et organisée en six groupes de neuf traités par son disciple Porphyre. Cette structure hiérarchique, allant de l’éthique à l’Un (principe suprême), explore la nature de l’âme, l’intelligence, la matière et l’unité de l’être.
Influencée par Platon et Aristote, l’œuvre façonne la pensée chrétienne via saint Augustin et les Pères de l’Église, tout en critiquant le gnosticisme. L’Ennéade VI, traitant de l’Un, incarne la quête de l’unité ultime, source de toute réalité.
Citations de Ennéades (Plotin)
“ Il faut donc nous hâter de sortir d’ici-bas, nous détacher autant que nous le pouvons du corps auquel nous avons le chagrin d’être encore enchaînés, faire nos efforts pour embrasser Dieu par tout notre être, sans laisser en nous aucune partie qui ne soit en contact avec lui. Alors, l’âme peut voir Dieu et se voir elle-même, autant que le comporte sa nature ; elle se voit brillante de clarté, remplie de la lumière intelligible, ou plutôt elle se voit comme une lumière pure, subtile, légère ; elle devient Dieu, ou plutôt elle est Dieu. Dans cet état, l’âme est donc comme un feu resplendissant. ”
“ Quand l’âme perd ses ailes et tombe sur la terre, la loi défend qu’elle anime le corps d’aucune bête brute dès la première génération. Celle qui a vu plus que les autres, vient animer un homme dont la vie doit être consacrée à la sagesse, à la beauté, aux Muses et à l’Amour... Aucune âme ne peut revenir au lieu d’où elle est partie avant dix mille ans, puisqu’avant ce temps aucune ne peut recouvrer ses ailes, si ce n’est cependant celle d’un philosophe qui a cherché la vérité avec un cœur simple, ou celle qui a brûlé pour les jeunes gens d’un amour philosophique... ”
