“ En effet, s’il n’est ni une grandeur, ni une chose multiple, s’il est l’infini substantiellement et non pas accidentellement, il doit être indivisible, tout divisible étant ou une grandeur, ou une multitude. Mais s’il est indivisible, il n’est pas infini, si ce n’est au même titre que le son est invisible. Or, ce n’est jamais de cet infini qu’on parle, ce n’est pas de celui-là que nous nous occupons ; c’est de l’infini sans limite. Comment d’ailleurs est-il possible que l’infini existe en soi, quand le nombre et la grandeur, dont l’infini n’est qu’un mode, n’existent pas en eux-mêmes ? ”
Résumé
"La Métaphysique", rédigée par Aristote au IVe siècle av. J.-C., examine les fondements de l'existence, la nature de la substance et la structure du réel. Ce texte systématique, divisé en treize livres, interroge l'unité, l'essence et les principes fondamentaux, en confrontant les doctrines platoniciennes et présocratiques.
L'auteur développe l'idée de Dieu comme "moteur immobile", source de toute actualisation, tout en distinguant l'être nécessaire de l'être contingent. Influencé par Socrate, Empédocle et ses disciples, l'œuvre demeure un pilier de la philosophie occidentale, posant les bases de la métaphysique en tant que science des êtres en soi.
Citations de La Métaphysique (Aristote)
“ On remonte de cause en cause, de l’homme à ce qui le fait vivre, puis aux lois de son existence, puis aux mouvements généraux du monde, puis aux causes diverses de ces mouvements, enfin à la cause première et absolue, au moteur immobile. La production, ou si l’on veut la création par la pensée, nous fait toucher, pour ainsi dire, la divinité. Elle est chez nous le résultat d’une puissance naturelle, que l’intelligence peut modifier, que le travail développe et agrandit, qui aurait pu sommeiller éternellement en nous, mais que nous ne nous sommes pas donnée. ”
“ Le mouvement des êtres est une perpétuelle aspiration vers Dieu, source éternelle de l’amour, seul intelligible et seul désirable. La nature tend de toutes ses puissances au bien suprême ; elle tressaille éternellement, si l’on ose ainsi dire, à la présence de l’être aimé. L’harmonie du monde part de Dieu, et c’est à Dieu qu’elle vient aboutir. Dieu est le principe et la fin de toutes choses. Le monde n’est point un empire mal réglé ; ce n’est pas une sorte de poème tout en épisodes, dit Aristote, ce n’est pas une mauvaise tragédie, dit-il encore, et par là il entend une tragédie sans unité. ”
“ L’essence de Dieu est l’acte même, l’acte pur ; rien en lui n’est à l’état de puissance ; car il n’existerait pas réellement ; il ne serait pas le premier moteur, si son essence était la puissance. Mais en quoi consiste son actualité ? est-il un être sensible, est-il le monde dans son ensemble, est-il intelligence et matière ? Évidemment non ; car alors il ne serait plus l’actualité pure, la matière étant puissance des contraires ; l’acte pur ne peut se rencontrer que dans l’intelligence, dans la pensée absolue ; il est l’identité parfaite de l’intelligence et de l’intelligible. ”
“ Il suffit d’étudier la nature de l’accident, le mode de son existence, pour se convaincre qu’il ne peut être l’objet d’une science. L’accidentel est opposé au nécessaire ; c’est ce qui n’est ni toujours, ni ordinairement ; c’est par exemple le froid dans la canicule, c’est la guérison opérée par le cuisinier. L’accident ne peut être le résultat d’une force, d’une puissance proprement dite ; il n’a qu’une cause accidentelle ; et cette cause, c’est la matière, en tant que susceptible d’être autre qu’elle n’est ordinairement. ”
“ Pour l’être qui signifie le vrai et non plus l’accident, il consiste uniquement dans ce que la pensée affirme ou nie du sujet ; il est une modification de la pensée même ; aussi ne cherche-t-on pas les principes de cet être, mais ceux de l’être extérieur et indépendant. Quant à l’autre être, je veux dire l’être accidentel, c’est ce qui n’est pas nécessaire, c’est l’indéterminé. Or, il n’y a aucun ordre dans les causes de l’être accidentel, et d’ailleurs elles sont en nombre infini : tandis que la cause finale est le fondement de tout ce qui se produit dans la nature, ou provient de la pensée. ”
“ Si les êtres sont, comme ils le prétendent, composés de contraires, ou bien l’unité n’a pas de contraire, ou bien, si elle en a un, ce contraire c’est la multitude : quant à l’inégal, il est contraire à l’égal, le différent l’est à l’identique, l’autre l’est au même. Toutefois, bien que ceux qui opposent l’unité à la multitude aient raison jusqu’à un certain point, ils ne sont pas suffisamment dans le vrai. Dans leur hypothèse, l’unité serait le peu ; car l’opposé du petit nombre, c’est la multitude, celui du peu, c’est le beaucoup. ”
“ L’universel, au contraire, est commun à plusieurs êtres ; car ce qu’on nomme universel, c’est ce qui se trouve, de la nature, en un grand nombre d’êtres. De quoi l’universel sera-t-il donc substance ? Il l’est de tous les individus, ou il ne l’est d’aucun ; et qu’il le soit de tous, cela n’est pas possible. Mais si l’universel était la substance d’un individu, tous les autres seraient cet individu, car l’unité de substance et l’unité d’essence constituent l’unité d’être. D’ailleurs, la substance, c’est ce qui n’est pas l’attribut d’un sujet ”
“ Le principe de toute création, c’est, dans l’agent, ou l’esprit, ou l’art, ou une certaine puissance. La volonté est dans l’agent le principe de toute pratique : c’est la même chose qui est l’objet de l’action et celui du choix. Si donc toute conception intellectuelle a en vue ou la pratique, ou la création, ou la théorie [2] , la Physique sera une science théorétique, mais la science théorétique des êtres qui sont susceptibles de mouvement, et la science d’une seule essence, celle dont la notion est inséparable d’un sujet matériel. ”
“ Si l’on n’établit pas que l’unité et l’être soient une substance, il s’ensuit qu’il n’y a plus rien de général, puisque ces principes sont ce qu’il y a de plus général au monde, et que si l’unité en soi, si l’être en soi, ne sont pas quelque chose, à plus forte raison n’y aura-t-il pas d’autre être en dehors de ce qu’on nomme le particulier. De plus, si l’unité n’était pas une substance, il est évident que le nombre même ne pourrait exister comme nature d’êtres séparée. ”
“ À ce titre qu’elle est l’actualité véritable et complète, la forme est réellement une cause finale ; elle est le but du mouvement ; elle est le bien pour l’objet dont elle est l’essence ; elle est antérieure à la puissance même, dans les objets matériels. Elle lui est antérieure et sous le rapport de la substance, et sous le rapport de la notion, et sous le rapport du temps. En effet, la forme de l’homme est antérieure à l’enfant : l’homme est antérieur à la semence, la matière n’est en acte que lorsqu’elle a la forme. ”
“ Mais à mesure que l’intelligence grandit, que l’observation vient compléter nos connaissances, nous supprimons peu à peu dans l’univers, cet inexplicable hasard, cette obscure propriété de la matière produisant les êtres accidentels ; chaque chose a sa loi nécessaire, et tous les faits qui s’accomplissent dans la nature, qu’ils se présentent chaque jour ou qu’ils ne se reproduisent qu’à de rares intervalles, suivent inévitablement cette loi : le hasard ne peut trouver de place dans l’harmonie de l’univers. ”
“ Il en est d’autres toutefois qui prétendent que l’inégalité est le mal. D’où il résulte que tous les êtres participent du mal, excepté l’unité en soi, et de plus que le nombre en participe moins que les grandeurs ; que le mal fait partie du domaine du bien ; que le bien participe du principe destructeur, et qu’il aspire à sa propre destruction, car le contraire est la destruction du contraire. Et si, comme nous l’avons établi, la matière de chaque être, c’est cet être en puissance, ainsi le feu en puissance la matière du feu en acte, alors le mal sera le bien en puissance. ”
“ Comment donc l’unité est-elle principe ? C’est, dit-on, parce qu’elle est indivisible. Mais l’universel, le particulier, l’élément, sont indivisibles aussi ; non pas toutefois de la même manière : l’universel est indivisible dans sa notion, l’élément l’est dans le temps. De quelle manière enfin l’unité est-elle donc principe ? L’angle droit, nous venons de le dire, est antérieur à l’aigu, et l’aigu semble antérieur au droit, et chacun d’eux est un. Dira-t-on que l’unité est principe sous ces deux points de vue. Mais cela est impossible : elle le serait d’un côté à titre de forme et d’essence ”
“ Il conclut l’unité de Dieu, de l’uniformité du mouvement du ciel, et de l’harmonie du monde. Les astres ont chacun un mouvement propre, en tant qu’ils sont eux-mêmes des essences éternelles ; mais, indépendamment de ces mouvements particuliers, un mouvement unique emporte tout le ciel, et ce mouvement ne peut être que le résultat de l’action d’un principe unique. L’harmonie du monde est inexplicable si l’on n’admet pas un seul moteur. ”
“ L’acte d’Aristote n’est pas plus l’acte moderne que la puissance n’est la cause telle que nous l’entendons. L’acte moderne est déterminé, comme l’acte péripatéticien ; voilà tout ce qu’ils ont de commun. Mais l’acte moderne est un simple effet, une modification, il n’est rien par lui-même. Pure abstraction quand il est pris indépendamment de sa cause, il n’a de réalité qu’autant qu’il lui est rattaché. Et même, à vrai dire, il n’y a pas plus d’acte indépendant de sa cause que de cause isolée de son acte. ”
“ Un homme est musicien, il devient grammairien ; donc il doit être à la fois l’un et l’autre. Mais il n’était pas l’un et l’autre auparavant. Or, ce qui n’existe pas de tous temps est devenu ; donc cet homme est devenu musicien et grammairien simultanément. De pareils raisonnements, dis-je, ne sont jamais ce que cherche une science reconnue par tous comme telle ; il n’y a que la Sophistique qui en fasse son objet. Elle seule, la Sophistique, traite de l’accident. Aussi le mot de Platon n’est-il pas sans justesse : La Sophistique, a-t-il dit, roule sur le non-être. ”
“ En un mot, si l’on pose les grandeurs mathématiques comme des natures séparées, la conséquence est en opposition avec la vérité, et avec les opinions communes. Il est nécessaire, si tel est leur mode d’existence, qu’elles soient antérieures aux grandeurs sensibles : or, dans la réalité, elles leur sont postérieures. La grandeur incomplète a, il est vrai, la priorité d’origine, mais substantiellement elle est postérieure ; c’est là le rapport de l’être inanimé avec l’être animé. Quel principe d’ailleurs, quelle circonstance constituerait-elle l’unité des grandeurs mathématiques ? ”
“ Dans les sciences créatrices, l’essence indépendante de la matière et la forme déterminée, la notion et la pensée, dans les sciences théorétiques, sont l’objet même de la science. Pour les êtres immatériels, ce qui est pensé n’a pas une existence différente de ce qui pense, il y a identité, et la pensée ne fait qu’un avec ce qui est pensé. Reste encore une difficulté ; c’est de savoir si l’objet de la pensée est composé, et dans ce cas l’intelligence changerait, car elle parcourrait les parties de l’ensemble ; ou bien si tout ce qui n’a pas de matière est indivisible. ”
“ Pour lui la philosophie est la science de l’être en général et de ses principes, non point de l’être dans telle circonstance donnée, de l’être physique ou de l’être mathématique, mais de l’être en tant qu’être. Les sciences particulières, la physique, les mathématiques, et en général toutes les sciences intellectuelles ont des principes plus ou moins rigoureux ; mais elles n’embrassent qu’un objet, qu’un genre déterminé ; elles n’entrent dans aucune considération sur l’être proprement dit, ni sur l’essence. Les unes partent de l’être sans l’étudier en lui-même ”
“ La matière première n’est le contraire de rien. D’ailleurs, tout participerait du mal, hormis l’unité, car le mal est l’un des deux éléments. D’autres prétendent que ni le bien ni le mal ne sont des principes [58] ; et pourtant le principe, c’est, dans toutes choses, le bien par excellence. Ceux-là ont raison, sans nul doute, qui admettent le bien comme principe ; mais ce qu’ils ne disent pas, c’est comment le bien est un principe, si c’est à titre de fin, ou de cause motrice, ou de forme. L’opinion d’Empédocle n’est pas moins absurde. Le bien, pour lui, c’est l’Amitié. ”
“ Le plein, le solide, c’est l’être ; le vide, le rare, c’est le non-être. C’est pourquoi le non-être, suivant eux, existe tout aussi bien que l’être. En effet, le vide existe autant que le corps ; or, ce sont là, sous le point de vue de la matière, les causes des êtres. Et, de même que ceux qui admettent l’unité de la substance produisent tout le reste par les modifications de cette substance en donnant le rare et le dense pour principes à ces modifications, de même aussi ces deux philosophes prétendent que les différences sont les causes de toutes choses. ”
“ Le Dieu vraiment providentiel est un Dieu qui travaille, c’est un actif ouvrier sans cesse occupé à la réparation, à la perfection de son œuvre ; tandis que le dieu d’Aristote, s’il a les yeux sans cesse ouverts, et jamais il ne s’endort : où serait sans cela, dit Aristote, son excellence et sa dignité ? c’est sur lui-même, et sur lui uniquement, que porte son éternelle contemplation ; la science de Dieu n’est plus qu’une conscience : à ce point de vue, en tant qu’être qui sait, Dieu, pour Aristote, n’est, et ne peut être que la pensée de la pensée. ”
“ Quelle sorte d’unité seront donc tous les êtres, si le non-être n’existe pas ? Seront-ils les substances, ou les modifications, et ainsi du reste ? ou seront-ils à la fois toutes ces choses, et y aura-t-il identité entre l’être déterminé, la qualité, la quantité, en un mot entre tout ce qui est un ? Mais il est absurde, je dis plus, il est impossible qu’une nature unique ait été la cause de tous les êtres, et que cet être, que le même être à la fois constitue d’un côté l’essence, de l’autre la qualité, d’un autre la quantité, d’un autre enfin le lieu. ”
“ Il en est du bien dans le monde, suivant Aristote ; comme du bien dans une armée : c’est à la fois et l’ordre qui règne dans l’armée et le général qui la commande. Ainsi le bien est partout dans l’univers ; il en est l’unité, le plan régulier, l’éternelle harmonie. Dieu est lui-même, il est la pensée qui se pense dans toute l’éternité au sein de la félicité suprême ; mais il est encore le bien qui se réalise sans cesse et sans fin dans l’univers : l’ordre universel, c’est Dieu. ”
“ En effet, le caractère de l’unité, c’est qu’elle est la mesure d’une multitude ; celui du nombre, c’est qu’il est une multitude mesurée et une multitude de mesures. Aussi n’est-ce pas sans raison que l’unité n’est point considérée comme un nombre ; car la mesure ne se compose pas de mesures, elle est le principe, la mesure, l’unité. La mesure doit toujours être une même chose, commune à tous les êtres mesurés. Si la mesure, par exemple, est le cheval, les êtres mesurés sont des chevaux ; ils sont des hommes, si la mesure est un homme. ”
“ Jusqu’ici, selon nous, les philosophes ont reconnu deux des causes que nous avons déterminées dans la Physique : la matière, et la cause du mouvement. Ils l’ont fait, il est vrai, d’une façon obscure, indistincte, comme agissent au combat des soldats mal exercés. Ceux-ci s’élancent en avant, et frappent souvent de beaux coups ; mais la science n’est pour rien dans leur conduite. De même ces philosophes n’ont pas l’air de savoir qu’ils disent ce qu’ils disent en effet. Car on ne les voit jamais, ou peu s’en faut, faire usage des principes. ”
“ Or, l’essence, c’est ce qu’est proprement un être. Et si l’universel est un être déterminé, si l’attribut commun aux êtres peut être posé comme essence, il y aura dans le même être plusieurs animaux, Socrate, l’homme, l’animal ; puisque dans la supposition, chacun des attributs de Socrate indique l’existence propre et l’unité d’un être. Si les principes sont universels, voilà ce qui s’ensuit. Mas s’ils ne sont pas universels, s’ils sont comme des éléments particuliers, ils ne peuvent être l’objet d’une science, toute science portant sur l’universel. ”
“ Il y a dans l’univers une chaîne continue de mouvements, qui tous s’engendrent les uns les autres, qui tous peuvent se ramener en dernière analyse au moteur unique comme à leur principe suprême. Ce n’est point par delà les bornes de l’univers, que se pense éternellement la pensée divine ; le dieu d’Aristote, pour nous servir d’une expression célèbre, n’est point un roi solitaire, abîmé dans le néant de l’absolue existence. Il est le Dieu du monde ; le monde tout entier est suspendu au moteur immobile. ”
“ Expression juste ordinairement, quoique vague, de la vérité, le sens commun n’est pas à dédaigner pour le philosophe : Aristote ne repousse point ses lumières, il les invoque au contraire ; ce qu’il veut avant tout, c’est la science, et il la cherche partout où il espère en rencontrer quelque parcelle : il demande à la langue, à la pensée vulgaire, la définition de la philosophie ; il retrouve la vérité jusque dans les vers des poètes, jusque dans les proverbes populaires, la dégage des voiles épais dont elle se couvre, et la fait rentrer dans le domaine de la science. ”
“ Heureusement pour la science, la raison humaine a tellement foi en elle-même, qu’elle ne peut point, quoi qu’elle fasse, mettre en doute sa propre autorité. Il est impossible, on peut le reconnaître sans danger, de démontrer que nos facultés ne nous trompent pas. En vain aurions-nous une faculté supérieure même à la raison ; elle tomberait, elle aussi, sous l’éternelle objection. Mais il n’est pas moins impossible de douter réellement ; on peut bien professer le scepticisme du bout des lèvres, mais tout ce qu’on dit, comme le remarque Aristote, il n’est pas nécessaire qu’on le pense. ”
“ Dans la pensée d’Aristote, la matière, la forme sont éternelles ; ce sont des principes indépendants, et, à ce titre, la matière est Dieu tout aussi bien que l’éternel moteur. Si, comme il le dit, la plante produit la plante, si l’homme engendre l’homme, quel est donc le rapport de ces existences individuelles avec la cause première de tout mouvement ; car la chaîne des productions ne peut aller à l’infini ? Dieu n’est-il que l’organisateur d’une matière éternelle indépendante de sa propre substance ? C’est-là ce qui sort de l’étude de la Métaphysique d’Aristote. ”
“ L’examen auquel se livre Aristote n’est pas une histoire sans vie des systèmes, c’est la représentation fidèle de la marche de l’esprit humain ; c’est un drame véritable qui prend l’homme au moment où, faible encore, ébloui par le spectacle qui s’offre à ses regards, il ne voit dans la nature que la partie la plus grossière ; qui nous le montre ensuite faisant chaque jour un nouveau pas, écartant peu à peu les voiles qui couvrent la vérité, s’élevant enfin jusqu’à l’idée de Dieu, et établissant l’intelligence dans ses droits les plus sacrés. ”
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