Résumé

E. Caro La Philosophie de Goethe

Et quelle folie n’est-ce pas de se révolter contre ce qui ne peut pas être autrement qu’il n’est ? Il sait bien qu’il n’est pas exempt lui-même de ce verdict universel de l’impassible nature. Il s’y soumet d’un cœur aussi résolu que son esprit est clairvoyant et calme. Il dira avec le poète « Ame du monde, viens nous pénétrer. Pour se retrouver dans l’infini, l’individu s’évanouit volontiers. Là se dissipent tous les ennuis, les chagrins, les brûlans désirs, les impatiences et les colères de la fougueuse volonté. S’abandonner dans l’infini est une ineffable jouissance. »
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E. Caro La Philosophie de Goethe

Or cette immense circulation de la vie, cet infini de la force qui remplit l’infini de l’espace et du temps, ce travail inépuisable de l’existence absolue, ces énergies éternellement créatrices, tout ce vaste système d’idées actives et de monades qui élaborent sans trêve la substance et lui imposent la forme, qu’est-ce donc que tout cela ? Le savant dans ses mémoires l’appelle la nature ; le philosophe, dans ses libres spéculations, l’appelle d’un nom cher au genre humain, Dieu.
Voilà le dieu que Goethe adore. Ce dieu n’a rien de transcendant il est la vie du monde
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E. Caro La Philosophie de Goethe

Je le croirais d’autant plus volontiers, qu’à certains momens, par échappées, s’affranchissant de l’unité spinoziste, il signale admirablement le péril de l’analogie et de la métamorphose, si on ne les arrête pas dans leur développement. « L’idée de la métamorphose est un don sublime, mais dangereux. Elle mène à l’amorphe, elle détruit, dissout la science. Semblable à la force centrifuge, elle se perdrait à l’infini, si elle n’avait un contre-poids; ce contre-poids, c’est le besoin de spécifier, la persistance tenace de tout ce qui est une fois arrivé à la réalité. »
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