Madame de Staël Holstein

Résumé

Madame de Staël Holstein Delphine (1803)

Cherche, ma Delphine, tout ce qu’il y a de doux, de sensible dans la douleur : remplis ta vie des hommages solitaires et tendres que l’on peut rendre encore à la mémoire de l’objet que l’on regrette. — Arrête ! interrompit Delphine, que parles-tu de ma vie ? As-tu donc osé penser que je pourrais te survivre ? Oui, sans doute, mon cœur s’est toujours confié dans l’immortalité de l’âme, quand il ne s’agissait que de mon sort ; cette noble croyance suffisait à mon repos ; mais est-ce assez de cette espérance qu’un nuage couvre encore aux regards les plus vertueux des mortels ?
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Madame de Staël Holstein Delphine (1803)

Ne vois plus en moi, dit-elle à Léonce, celle qui partagea tes fautes, celle qui fut plus coupable encore. J’aimais la vertu, mais je n’avais point la force de l’accomplir, et Dieu, dans sa pitié, retire du monde la femme infortunée dont l’amour et le devoir ont déchiré le faible cœur. J’ai pris auprès de toi la place d’un homme religieux, qui aurait été vraiment digne de te parler au nom du ciel ; mais une voix qui t’est chère pouvait pénétrer plus avant dans ton âme, et cette voix, écoute-la, Léonce, comme si la Divinité l’avait pour un moment consacrée.
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Madame de Staël Holstein Delphine (1803)

Le bruit de la porte lui fit lever la tête, et, se jetant à genoux devant elle, il s’écria : « Juste ciel ! quel miracle s’accomplit pour moi ! est-ce mon imagination qui me la représente ? Je l’invoquais, et la voilà ! tous ses traits, tous ses charmes sont-ils devant mes yeux ? Delphine, Delphine, est-ce toi ? » Et, la pressant dans ses bras, il perdit entièrement le souvenir de sa situation ; mais le cœur de Delphine n’était pas soulagé, et les transports de son amant ne lui donnèrent pas même un instant d’illusion.
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