Alfred Des Essarts

Résumé

Alfred Des Essarts,  Prométhée

“ Pour moi, cloué sur ma dure montagne et comme dans la tempête, je ne veux pas de pitié : je me la suis déniée. La longueur, la grandeur de ma détresse me l’ont rendue presque supportable, en renonçant à un avenir corrigé, je me suis interdit de maudire le présent inévitable. Jupiter s’est lassé ; ainsi je m’endormirais dans mon supplice uniforme, si la vigilante conscience ne s’agitait pas au centre de mon cœur.
LE CHŒUR. La justice ne se rachète pas ; l’épée qui frappe ne sait pas guérir ; le temps ne relève pas ce qu’il a détruit.
”
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Alfred Des Essarts,  Prométhée

“ Voilà ce que j’ai vu, aurore, splendeur, déclin ; voilà ce que je verrai encore, sans que s’use la patience, ni se rebute l’imprévoyance humaine, et je suivrai ce spectacle à travers le voile de ma propre infirmité, fixé à la même place par la main qui m’y précipita ; pendant que l’humanité accomplira ses destins, moi qui ai voulu créer, je survivrai à l’accomplissement des miens. ”
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Alfred Des Essarts,  Prométhée

“ Ton poëme embrassera un même cercle de douleurs, et là encore gît ton désespoir à toi, ambitieux, cœur ardent, qui repousses surtout l’uniformité de ton supplice. L’éternité durant, tu peux fixer le soleil et voir où lui manque ce rayon que lui déroba ta main insensée.
PROMÉTHÉE. J’ai cru entendre un orage de voix irritées ; mais ni menaces, ni reproches n’effraient, quand ils suivent l’effet le plus terrible de la colère ! Je me sens presque fort de ce que je souffre pour ne pas redouter d’autres souffrances.
”
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