Résumé

Mes vingt-cinq ans, ou Mémoires d'un jeune homme… (1796)

Marseille , Février 1789.
JE connoissois trop bien ton cœur, mon ami, pour ne pas être persuadé de ton bon souvenir. Ta sensibilité pour les malheureux, ton attachement pour tes amis, et ton caractère obligeant, m'ont tranquillisé jusqu'à ce jour. J'ai souffert patiemment un régime despotique. Tu en as, comme moi, éprouvé tous les abus ; mais une révolution, qui vient de naître sous les auspices de la liberté, ne tardera
pas sûrement à nous amener une prochaine réforme.
Source : Gallica

Mes vingt-cinq ans, ou Mémoires d'un jeune homme… (1796)

Tu as fait sa connoissance dans un temps où tu étois à plaindre.
Tu as charmé son ame ; entraînée par l'amour qu'elle avoit pour toi, elle a sacrifié père, ami , honneur fortune. Elle a fuit la maison paternelle; malgré ton indifférence, elle t'aime encore. Tous ces motifs, il est vrai , doivent parler en sa faveur ; mais c'est son propre bonheur que je vais exposer à tes yeux pour t'engager à la rendre à son père.
Source : Gallica

Mes vingt-cinq ans, ou Mémoires d'un jeune homme… (1796)

Nous passons une partie de nos journées à nous promener sur l'endroit le plus élevé de l'hôpital, et à contempler le spectacle majestueux de la mer et du port, qui est dominé par le fort, que nous habitons ; et les nuits , nous employons nos momens d'insomnie à nous rappeler notre bonheur passé, et à le comparer avec notre position présente. Il semble à nos yeux qu'il existe une ligne de démarcation entre le monde et nous. Le silence rigoureux de nos familles augmente l'amertume de nos peines , et nous n'avons pas même la douce consolation d'en espérer la fin.
Àdieu, mon ami
Source : Gallica

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