Résumé

Portrait de Joseph Rosny Joseph Rosny Firmin ou le Jouet de la fortune

Je me tire d’embarras en habile homme.
Monsieur de Stainville avait à son service une femme de charge, âgée de quarante-cinq ans environ, cependant encore fraîche ; cette femme, nommée Thomill, avait éprouvé dans sa jeunesse des peines de cœur, et les chagrins de l’amour avaient empoisonné sa félicité. Elle s’était retirée à la terre du Comte pour y pleurer à son aise la perte d’un ingrat qu’elle aimait encore, mais les années ayant rendu le calme à son ame, elle avait fini par oublier tout-à-fait l’infidèle qui avait tant de fois fait répandre ses larmes.
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Portrait de Joseph Rosny Joseph Rosny Firmin ou le Jouet de la fortune

Cependant, je n’avais pas de choix à faire ; la carrière littéraire était la seule qui me convînt, la seule qui fût à ma portée, et qui m’offrît quelques consolations : je m’y déterminai donc sans balancer, et je la choisis de préférence, autant par goût que par nécessité.
Dès ma plus tendre jeunesse, je trouvais un plaisir indicible à rendre les diverses sensations que mon cœur éprouvait, ou à célébrer dans la romance et l’idille, la félicité champêtre. Élevé au milieu des champs et parmi ses paisibles habitans, je fus, dès mon enfance, témoin de leurs vertus et enthousiaste de leur bonheur.
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Portrait de Joseph Rosny Joseph Rosny Firmin ou le Jouet de la fortune

Ô ! combien une femme est intéressante, lorsque, guidée par le pur sentiment, elle foule aux pieds les préjugés et les usages, pour faire le bonheur d’un amant que la fortune ou les hasards ont mis au-dessous d’elle ! Combien sont précieux les présens que l’on reçoit d’une main chérie, combien les larmes de la reconnaissance sont douces et délicieuses ! mon adorable Sophie daigna oublier la distance qui nous séparait, pour ne s’occuper que de mon bonheur.
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