Feu de joie

Définition et enjeux

René Fernandat Le royaume des cieux : poèmes (1932)

Il faut qu'en son feu la flamme divine Qui, dans le ciel, le pur bonheur dessine,
Ait recueilli l'ardeur des repentirs En épurant la tonnante prière;
La flamme veut la flamme, et la lumière N'est que la joie éclairant nos désirs.
Et vous, mes chers morts, allez-vous encore Vivre loin des lieux que le bonheur dore, Travailler toujours sur un mont brumeux D'où monte, le soir, la vapeur des crimes Expiés, ou bien la nuit des abîmes Vous ravissait-elle aux baisers de Dieu ?
Source : Gallica

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Flammes hautes (1917)

Le feu rapide et fort dont notre âge flamboie N'allumerait en moi ni vaillance, ni joie Et j'aurais peur de la splendeur de l'univers.
Tu m'es, belle santé, celle qui me décide A rester prompt et comme allègre en mes revers, A pénétrer d'orgueil ma cervelle lucide
Dès que l'entraîne en ses combats l'effort humain.
Source : Gallica

Emile Baumann Intermèdes (1927)

Le terme joie semble élémentaire comme le feu, quand la flamme, droite et vive, surgit des sarments prêts à flamber.
S’il fallait définir la joie, nous dirions que c’est un accroissement d’essor vital par l’espérance ou la possession d’un bien. L’arbre qui monte le plus haut qu’il peut, hors du taillis, vers le soleil, reçoit en ses fibres un sourd bien-être, tandis que ses feuilles boivent dans l’azur, à la source ardente.
Source : Gutenberg

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