Résumé

Portrait de Gabriel Faure Gabriel Faure Dans la Haute-Vénétie

C’est la plus libre fantaisie d’un artiste qui ne peignit jamais que pour la joie des yeux. Tout ce qui peut égayer une demeure, distraire l’esprit de gens qui viennent à la campagne pour se reposer, le prince des décorateurs, libre de tout programme tracé à l’avance, le prodigua. Divinités païennes, héros, éphèbes, vertus, vices, amours, guirlandes de fleurs et de fruits, paysages, animaux, portraits et statues en trompe-l’œil, colonnes simulées, Véronèse les représenta, au hasard de son inspiration, ne songeant qu’à son amusement et au nôtre.
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Portrait de Gabriel Faure Gabriel Faure Dans la Haute-Vénétie

À Pieve, je ne suis pas venu chercher ses tableaux, mais son pays, le pays sur lequel ses yeux s’ouvrirent à la beauté du monde, où son âme d’artiste s’éveilla. C’est ici qu’il vécut dans les champs et les bois qui sont, pour qui les comprend, la meilleure école de vérité et de simplicité. La nature a toujours enseigné le goût du sincère, la haine de la recherche, du factice et du maniéré ; et, plus que l’illustre portraitiste de tant de têtes couronnées, j’évoque ici celui qui, l’un des premiers, l’aima et la peignit avec toute sa foi et toute son ardeur de paysan.
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Portrait de Gabriel Faure Gabriel Faure Dans la Haute-Vénétie

Toute la colline se reflète dans l’eau pure que raie seulement le vol agile des hirondelles poursuivant d’invisibles insectes.
Comme à Pieve, on chercherait vainement, dans Bassano, des rues planes et droites. Toutes montent et tournent, s’enchevêtrent dans le plus amusant pêle-mêle. Quelques-unes sont comme suspendues au-dessus de la vallée. Des portails s’ouvrent sur la campagne, semblent encadrer l’horizon. Ce qui ajoute au charme de la ville, ce sont les petites places et les terrasses, avec de belles échappées, que les habitans surent réserver pour la joie des yeux.
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