Paul Valéry

Élements biographiques

Portrait de Paul Valéry Paul Valéry,  Charmes (1926)

“ Tout éblouis d’un ciel dont la beauté les blesse
Tant il garde l’éclat de leurs jours les plus beaux,
Ils vont des biens perdus trouver tous les tombeaux...
« Cette place dans l’ombre était tranquille et nôtre ! »
« L’autre aimait ce cyprès, se dit le cœur de l’autre,
« Et d’ici, nous goûtions le souffle de la mer ! »
Hélas ! la rose même est amère dans l’air...
Moins amers les parfums des suprêmes fumées
Qu’abandonnent au vent les feuilles consumées !...
Ils respirent ce vent, marchent sans le savoir,
Foulent aux pieds le temps d’un jour de désespoir...
”
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Valéry Paul Valéry,  Album de vers anciens

“ Mon cœur m’arrache aux morts que frôlait mon sommeil,
Et vers mon but, grand aigle éclatant de puissance,
Il m’emporte !... Je vole au devant du soleil !
Je ne prends qu’une rose et fuis... La belle flèche
Au flanc !... Ma tête enfante une foule de pas...
Ils courent vers ma tour favorite, où la fraîche
Altitude m’appelle, et je lui tends les bras !
Monte, ô Sémiramis, maîtresse d’une spire
Qui d’un cœur sans amour s’élance au seul honneur !
Ton œil impérial a soif du grand empire
À qui ton sceptre dur fait sentir le bonheur...
”
Source : Wikisource

Portrait de Paul Valéry Paul Valéry,  Variété IV

“ Or, s’il est vrai qu’il n’y a point de science du particulier, il n’y a pas d’action ni de production qui ne soit, au contraire, essentiellement particulière, et il n’y a point de sensation qui subsiste dans l’universel. Le réel refuse l’ordre et l’unité que la pensée veut lui infliger. L’unité de la nature n’apparaît que dans des systèmes de signes expressément faits à cette fin, et l’univers n’est qu’une invention plus ou moins commode.
Le plaisir, enfin n’existe que dans l’instant, et rien, de plus individuel, de plus incertain, de plus incommunicable.
”
Source : Wikisource

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