Paul Valéry,
L’Ame et la Danse
“ PHÈDRE Rien, encore. Nous regardions manger et boire nos semblables... ÉRYXIMAQUE Mais Socrate ne laissait pas de méditer sur quelque chose ?... Peut-il jamais demeurer solitaire avec soi-même, et silencieux jusque dans l’âme ! Il souriait tendrement à son démon sur les bords ténébreux de ce festin. Que murmurent tes lèvres, cher Socrate ? SOCRATE Elles me disent doucement : l’homme qui mange est le plus juste des hommes... ÉRYXIMAQUE Voici déjà l’énigme, et l’appétit de l’esprit qu’elle est faite pour exciter... SOCRATE L’homme qui mange, disent-elles, il nourrit ses biens et ses maux. ”

