Valentin Âkovlevič Parnah

Résumé

Valentin Âkovlevič Parnah Histoire de la danse (1932)

D'autre part, parole, musique, geste, danse, unis dans un charmant mélange, savaient, bien entendu, séduire les Romains, et les saturae, spécimens de spectacle musical, dans leur forme concise, offrent la belle alternance de tous ces éléments : la phrase est interrompue par la musique, le dialogue devient chant, le geste ranime à la vie la parole morte, un pas se fait danse. Le rythme régit le tout. Le scabellum, espèce de pédale ou de sabot, marque la mesure, et le beau mécanisme du spectacle fonctionne avec la précision de montre merveilleuse. C'est un cœur qui bat.
Source : Gallica

Valentin Âkovlevič Parnah Histoire de la danse (1932)

Tombé très bas, couvert de fange et de sang, le mortel se relève et se purifie dans l'élévation de l' Emmélie.
Torturé par le silence qui lui est imposé par le devoir, par la haine, par le destin, le héros tragique se tait pour éclater en plaintes, en reproches, en malédictions, en chants de deuil. Quelle abondance des vers ! Cependant, la parole est démontée, l'excès de la douleur porte les mots au sommet de la danse. Mimétique, la danse de la tragédie est tout un discours expressif et passionné. C'est un récitatif riche en intonations dansées.
Source : Gallica

Valentin Âkovlevič Parnah Histoire de la danse (1932)

Voici que marquant les anapestes, au pas de danse, le chœur fait son entrée dans la scène. Il s'immobilise, et sur place il exécute ces stasima (στάιμα) qui sont à la fois chants et danses. Au rythme des chants d'un calme tragique, telle une plante prodigieuse qui pousserait ou un insecte géant qui remuerait sur nos écrans, la grave Emmélie est dansée au ralenti. La douleur se recueille. Dissimulant ses contusions intérieures, l'être humain se transforme en hiéroglyphie des martyrs que le spectateur déchiffre comme si elle était l'histoire de ses propres malheurs.
Source : Gallica

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