Résumé

Auguste Baron Lettres et entretiens sur la danse ancienne… (1824)

Notre religion était une fête que la terre donnait au ciel en retour de celles qu'à chaque beau jour le ciel donne à la terre. L'apothéose des pouvoirs de la nature, loin de nous avoir menés a la cruelle superstition des autres peuples, a pris parmi nous une forme aussi touchante que noble. Un de vos poètes a pu dire que la crainte a fait les dieux1 ; pour les nôtres, ils sont les fils de notre amour. La danse, dans les mystères, instruisait l'initié, par de vivantes allégories, des grands événemens qui avaient rempli les premiers âges du monde, et de l'histoire même du globe.
Source : Gallica

Auguste Baron Lettres et entretiens sur la danse ancienne… (1824)

Il ne faut point comparer la Porte Saint-Martin avec le premier spectacle de danse qui existe en Europe ; spectacle qui honore la nation aux yeux des étrangers, ni aucun de ses maîtres de ballets avec M. Gardel, le plus habile chorégraphe qui ait encore paru, le seul qui, par le genre élevé et noble de ses compositions, soit à la hauteur du théâtre qu'il dirige avec tant d'habileté. On ne peut se dissimuler que les ballets de la Porte Saint-Martin, au milieu de sa plus grande gloire , n'eussent cette exagération, cette bouffissure qui, en littérature, distingue le mélodrame de la tragédie.
Source : Gallica

Auguste Baron Lettres et entretiens sur la danse ancienne… (1824)

Les chœurs
de danse et de chant, dans toutes nos tragédies, si l'on en excepte peut-être les bacchantes d'Euriripide, où ils partagent l'ivresse des fêtes de Bacchus, ont toujours quelque chose de grave, d'élevé, de majestueux ; représentant l'opinion morale du poète et des spectateurs, ils portent l'empreinte de leur origine sacrée: au milieu des plus violentes passions, ils ne doivent perdre de vue ni la dignité ni la beauté. Les choréges sont choisis parmi les premiers citoyens de l'Etat, et la noblesse de ces fonctions s'agrandit par la dignité du reste de leur vie.
Source : Gallica

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