Résumé

Plaisirs de l'Opéra : [exposition… (1983)

Sergueï Pavlovitch m'a souvent parlé de cette première saison d'opéra, en 1908. La répétition générale, paraît-il, se passa brillamment ; la première devait avoir lieu le lendemain, et Diaghilev était tranquille, sûr du succès. Mais ce même soir, l'énorme et gigantesque Chaliapine vint le soir à son hôtel, en proie à une profonde émotion. "Je n'ai plus de voix !" Et en effet, ses phrases hachées étaient à peine perceptibles. Complètement impuissant, il s'effondra sur un fauteuil, tremblant de fièvre, la fièvre du créateur qui attend l'inspiration dont il sent qu'elle va lui venir le lendemain.
Source : Gallica

Plaisirs de l'Opéra : [exposition… (1983)

Grimm a toujours raison ; en effet, aucune actrice de l'Opéra ne s'est élevée encore à ce degré de perfection. C'est à Madame Saint-Huberti que l'Académie doit, en partie, la réforme des habillements ridicules en usage à ce théâtre depuis son origine, et malgré l'exemple donné par Mademoiselle Sallé ; Mademoiselle Clairon avait fait d'inutiles efforts pour l'établir à la Comédie-Française. Nulle actrice ne se montra plus zélée pour la sévérité du costume que Madame Saint-Huberti ; elle sacrifiait à l'amour de la vérité jusqu'aux avantages de la coquetterie.
Source : Gallica

Plaisirs de l'Opéra : [exposition… (1983)

Musique et livret tendent à démontrer que l'art est incompatible avec la vie moderne, mais ils n'expriment aucun regret de cet état de choses et se bornent à le constater avec une ironie grinçante.
Un petit prélude sarcastique chasse le grand rideau rouge dans les cintres et commente un rideau de scène où les silhouettes d'artistes forains se profilent à l'intérieur d'une baraque. Ce second rideau s'efface et découvre le tréteau de la parade foraine.
Un bonimenteur français saute sur l'estrade. Sa tête et son buste sont en bois ; seules ses jambes ont une apparence humaine.
Source : Gallica

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