Léandre Vaillat

Résumé

Léandre Vaillat L'invitation à la danse (1953)

Encore que la condition physique s'estompe devant les exigences de l'art, il arrive qu'une particularité, comme la maigreur des bras, contienne plus de possibilité expressive que leur épanouissement. Ce qui dans la vie serait une chance en moins de plaire, devient par le sortilège de la danse un motif en plus de persuader. Il n'est pas jusqu'aux apparences pénibles, comme les gouttes de sueur roulant sur les joues, la torture des membres, l'humilité du costume qui ne communiquent au visage et à toute la figure un genre d'intérêt plus prenant que celui qui s'inspirerait d'un scénario.
Source : Gallica

Léandre Vaillat L'invitation à la danse (1953)

Le canon de la beauté diffère avec chaque peuple. Un danseur dispose de son corps comme d'un clavier plus ou moins étendu. Toutes les formes qu'il libère sont belles, pourvu qu'il les dessine comme il les ressent. Isadora Duncan, quoique forte, semblait légère parce qu'elle savait utiliser habilement l'opulence de ses formes. La beauté prend figure à l'infini, par la force ou par la grâce.
Comment un artiste qui livre ainsi son esprit à l'universel ne serait-il point passionné de musique ? Elle est pour lui source de joie. Quand Despiau écoute une belle partition, il la rattache à son art.
Source : Gallica

Léandre Vaillat L'invitation à la danse (1953)

Plus elles se serrent, plus leur détente sera brusque.
— Ouvrez le compas: Portez-la, votre sisonne, voyagez-la bien !
Dans l'entrechat cinq de volée, c'était la batterie qui aidait le corps à « voyager », un peu comme une roue à palettes propulse un bateau à vapeur. Dans la sisonne, surtout la grande sisonne en arabesque, dont l'allongement à l'infini marque la « volonté de puissance », c'est la contraction nerveuse des jambes l'une contre l'autre, puis
la soudaine ouverture du compas qui tiennent lieu de catapulte.
Source : Gallica

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