Paul Bourget

Paul Bourget

Résumé

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget,  L’Écuyère

“ Ce précoce libertin de Maligny, qui avait connu déjà, pourtant, bien des corruptions de la débauche parisienne, ne tenta pas d’obtenir davantage de la délicieuse enfant, qu’il sentait si à lui, si prête à lui donner toute sa vie. Il lui sera beaucoup pardonné, à cause du respect qu’il eut, à cette minute, pour cette chose si rare qu’elle en est sacrée : la candeur dans la passion, l’absolue pureté dans l’amour absolu. Tout au plus se permit-il, tandis que sa bouche s’appuyait sur ce beau front, de flatter, de sa main libre, la soie douce de ces cheveux d’or... ”
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Portrait de Paul Bourget Paul Bourget,  L’Écuyère

“ Peut-être, doutant l’une et l’autre de celui qu’elles aimaient, Louise d’Albiac et Hilda Campbell étaient-elles plus disposées encore à subir ce magnétisme, cette contagion réciproque de mélancolie et de pitié. Chacune des deux se plaignait elle-même en plaignant l’autre. Chacune aussi, en préférant l’autre à Mme Tournade, se préférait un peu elle-même... Mais, si amoureuse et si rêveuse que soit une jeune fille, il ne faut pas qu’elle suive une chasse à courre quand elle veut s’abandonner tout entière à cette langueur éparse dans les horizons vaporeux d’une forêt d’automne. ”
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Portrait de Paul Bourget Paul Bourget,  L’Écuyère

“ Louise d’Albiac avait, par passion, les goûts que Hilda Campbell avait par métier. Elle était svelte et souple comme Hilda, avec un sourire et des yeux tour à tour naïfs et farouches, infiniment tendres dans l’émotion, et si hardis, presque si virils, pour affronter le danger : le galop d’une bête tout près d’être emportée, le saut d’un obstacle tour près d’être trop haut. Enfin, Mlle d’Albiac était, elle aussi, de cette race des Diane, — n’y a-t-il pas eu, dans les temps antiques, un culte de l’Artémis Heurippée, celle qui protège les chevaux ? ”
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