Fédor Dostoïevski

Fédor Dostoïevski

Résumé

Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Les Possédés

La grande route, c’est quelque chose de si long, si long qu’on n’en voit pas le bout — comme la vie humaine, comme le rêve humain. Dans la grande route il y a une idée, mais dans un passeport de poste quelle idée y a-t-il ?... Vive la grande route ! advienne que pourra.
Après sa rencontre imprévue avec Élisabeth Nikolaïevna, Stépan Trophimovitch poursuivit son chemin en s’oubliant de plus en plus lui-même. La grande route passait à une demi-verste de Skvorechniki, et, chose étrange, il la prit sans s’en douter.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Les Possédés

Qui ose se tuer est dieu. À présent chacun peut faire qu’il n’y ait plus ni Dieu, ni rien. Mais personne ne l’a encore fait.
— Il y a eu des millions de suicidés.
— Mais jamais ils ne se sont inspirés de ce motif ; toujours ils se sont donné la mort avec crainte et non pour tuer la crainte. Celui qui se tuera pour tuer la crainte, celui-là deviendra dieu aussitôt.
— Il n’en aura peut-être pas le temps, remarquai-je.
— Cela ne fait rien, répondit M. Kiriloff avec une fierté tranquille et presque dédaigneuse. — Je regrette que vous ayez l’air de rire, ajouta-t-il une demi-minute après.
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Je ne puis vous arracher de mon coeur, Nicolas Stavroguine !
— Je regrette de ne pouvoir vous aimer, Chatoff, dit froidement Nicolas Vsévolodovitch.
— Je sais que cela vous est impossible, vous ne mentez pas. Écoutez, je puis remédier à tout : je vous procurerai le lièvre !
Stavroguine garda le silence.
— Vous êtes athée, parce que vous êtes un baritch, le dernier baritch. Vous avez perdu la distinction du bien et du mal, vous avez cessé de connaître votre peuple...
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