Fédor Dostoïevski

Fédor Dostoïevski

Résumé

Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski L’Idiot

Tout est fini ? Le soleil est levé ? demanda-t-il anxieusement, et il saisit le prince par le bras : — quelle heure est-il ? Pour l’amour de Dieu, quelle heure ? J’ai trop dormi. Ai-je dormi longtemps ? ajouta-t-il avec une sorte de désespoir, comme si le sommeil lui avait fait manquer une affaire d’où dépendit toute sa destinée.
— Vous avez dormi sept ou huit minutes, répondit Eugène Pavlovitch.
Hippolyte le regarda avidement et, pendant quelques secondes, recueillit ses idées.
— Ah... seulement ! Alors je...
Et il respira longuement comme un homme soulagé d’un fardeau très-pénible.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski L’Idiot

Qu’est-ce qui ne défile pas dans ses oremus d’ivrogne ? Il a prié pour le repos de l’âme de la comtesse Du Barry, je l’ai entendu de mes oreilles ; Kolia l’a entendu aussi : il a complètement perdu l’esprit !
— Vous voyez, vous entendez comme il me bafoue, prince ! s’écria en rougissant Lébédeff hors de lui. — Je puis être un ivrogne, un débauché, un être malfaisant, un voleur, mais j’ai du moins une chose pour moi : il ne sait pas, ce persifleur, que, quand il est venu au monde, c’est moi qui l’ai emmailloté, moi qui l’ai lavé.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski L’Idiot

Lorsque son regard d’aigle se fixa sur moi, une flamme s’alluma probablement dans mes yeux, car il s’écria : « Voilà un gaillard bien éveillé ! » Puis il me demanda : « Qui est ton père ? » Je lui répondis aussitôt d’une voix presque étranglée par l’émotion : « Un général qui est mort sur les champs de bataille de sa patrie. » — « Le fils d’un boyard et d’un brave par-dessus le marché ! J’aime les boyards. M’aimes-tu, petit ? » La réponse jaillit instantanément de mes lèvres : « Un cœur russe sait distinguer le grand homme même dans l’ennemi de sa patrie ! »
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