Gania

Définition et enjeux

Portrait de Fiodor Dostoïevski Fiodor Dostoïevski L'Idiot (1874)

Gania et Ivan Fédorovitch jetèrent sur le prince un regard surpris...
— Comment, Nastasia Philippovna ? Est-ce que vous connaissez aussi Nastasia Philippovna ? demanda le général.
— Oui ; je ne suis que depuis vingt-quatre heures en Russie et je connais déjà cette belle personne, répondit le prince ; là-dessus, il rapporta sa rencontre avec Rogojine et tout ce que ce dernier lui avait raconté.
— Voilà encore des nouvelles ! dit le général repris par l’inquiétude : il avait écouté fort attentivement le récit du prince, et maintenant ses yeux semblaient vouloir fouiller dans l’âme de Gania.
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Portrait de Fiodor Dostoïevski Fiodor Dostoïevski L'Idiot (1874)

Elle serra cordialement la main du visiteur, lui sourit d’un air aimable et se retira sans accorder un regard à Gania. Celui-ci n’attendait que le départ des dames pour donner libre cours à son irritation ; le visage enflammé de colère, les yeux étincelants, il s’élança soudain vers le prince et l’interpella violemment quoique à voix basse.
— C’est vous, proféra-t-il en grinçant des dents, — c’est vous qui leur avez parlé de mon mariage ! Vous êtes un effronté bavard !
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Portrait de Fiodor Dostoïevski Fiodor Dostoïevski L'Idiot (1874)

Je veux, proféra à demi-voix mais d’un ton ferme Gania, qui ensuite baissa les yeux et garda un morne silence.
Cette réponse satisfit le général. Il s’était quelque peu emporté, mais déjà on voyait qu’il regrettait de n’avoir pas su se contenir. Tout à coup il se tourna vers le visiteur, et, à la pensée que celui-ci avait entendu la conversation précédente, une inquiétude subite se montra sur le visage d’Ivan Fédorovitch. Toutefois, cette impression s’évanouit en un instant : un seul regard jeté sur le prince suffit pour rassurer pleinement le général.
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