Fédor Dostoïevski,
L’Esprit souterrain
“ Ses lèvres souriaient, mais son visage conservait les traces d’une terreur puérile et mystérieuse. Toute frémissante d’émotion, elle se serrait avec confiance contre le vieillard. Agité, comme fouetté par une sensation inconnue, douce et excitante, Ordinov les suivit vivement, et, sur le parvis, passa devant eux. Le vieillard lui adressa un regard hostile. Elle aussi le regarda, mais sans prendre garde à lui, comme enfouie dans ses pensées. Sans se rendre exactement compte des mobiles de son action, Ordinov continua à les suivre, de loin, dans l’ombre maintenant très-avancée du crépuscule. ”
