Résumé

Ludovic de Vauzelles Oeuvres poétiques de Ludovic de Vauzelles… (1888)

Femme digne d'envie, et par vous, mon Admète ! Mais quoi! vous me trompez... vous essuyez des pleurs ?
ADMÈTE.
Ce sont des pleurs de joie.
ALCESTE.
Ainsi pleuraient mes soeurs, Quand leur main criminelle égorgea notre père ! Le jour qu'elle mourut, ainsi pleurait ma mère ! Ce sont des pleurs de joie? oh! non: vous vous troublez, Vous avez un chagrin que vous dissimulez. Mais l'oracle, seigneur, qu'a-t-il dit ? car, j'y pense, Vous l'avez consulté... C'était en mon absence. Vous vous cachiez... C'est lui qui fait couler vos pleurs. Qu'a-t-il dit ? qu'a-t-il dit ? Répondez, ou je meurs.
Source : Gallica

Ludovic de Vauzelles Oeuvres poétiques de Ludovic de Vauzelles… (1888)

Plus de mère pour toi ! non, il faut que je meure ; Et ce n'est pas demain, c'est déjà, c'est sur l'heure : Il le faut. Vous pleurez ! les dieux sont contre nous. Quand j'aurai cessé d'être, amis, souvenez-vous De celle qui jadis vous fut épouse ou mère, Et qui n'est tantôt plus qu'ombre vaine et poussière !
ADMÈTE.
J'en fais serment ici comme époux, comme roi,
Non, jamais je n'aurai d'autre épouse que toi.
A te faire oublier qui donc pourrait prétendre ?
Que ma fidélité réjouisse ta cendre !
Jamais Thessalienne, après ta mort, chez moi,
A ces jeunes enfants n'imposera de loi !
Source : Gallica

Ludovic de Vauzelles Oeuvres poétiques de Ludovic de Vauzelles… (1888)

Le froid saisit au coeur celle qui vous est chère :
A Admète.
Vous voilà sans épouse, — et vous, enfants, sans mère !
ADMÈTE.
O funèbres discours ! lamentables adieux ! Qu'est-ce donc que la vie ? Alceste, au nom des dieux, Au nom des deux enfants dont tu m'as rendu père, Ne m'abandonne pas ! Il leur faut une mère. Prends pitié de leur âge et pitié de mes pleurs ! J'ai vécu pour toi seule, et si tu meurs, je meurs : De toi dépend ma vie ou ma mort, noble femme ; Car tu m'es nécessaire à l'égal de mon âme.
ALCESTE.
Admète, écoutez-moi.
Source : Gallica

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