Jean-Antoine de Baïf,
Les poètes de la Pléiade : Pontus de Thyard…
(1911)
“ Je n'ay rien de l'amour que la crainte et la honte : Car vous dites tousjours, en vous mocquant de moy, Non, que je n'aime point, et si je vous aimoy, De vous voir plus souvent que ferois plus de conte... Vous distes qu'en aimant vous voulez estre aimée : D'autres armes Amour s'est-il jamais armé? Mais je sçay qu'en aimant je ne suis pas aimé, Ce qui rend de souspirs ma complainte animée. Un plus cheri que moy des Graces et des dieux, Du ciel et de Fortune, et de plus prompte flame Vous pourra bien aimer : mais de plus gentille ame, Si ce n'est Amour mesme, il ne peut aimer mieux... ”
