Jean-Antoine de Baïf

Élements biographiques

Portrait de Jean-Antoine de Baïf Jean-Antoine de Baïf Les poètes de la Pléiade : Pontus de Thyard… (1911)

Je n'ay rien de l'amour que la crainte et la honte : Car vous dites tousjours, en vous mocquant de moy, Non, que je n'aime point, et si je vous aimoy, De vous voir plus souvent que ferois plus de conte... Vous distes qu'en aimant vous voulez estre aimée : D'autres armes Amour s'est-il jamais armé? Mais je sçay qu'en aimant je ne suis pas aimé, Ce qui rend de souspirs ma complainte animée.
Un plus cheri que moy des Graces et des dieux, Du ciel et de Fortune, et de plus prompte flame Vous pourra bien aimer : mais de plus gentille ame, Si ce n'est Amour mesme, il ne peut aimer mieux...
Source : Gallica

Portrait de Jean-Antoine de Baïf Jean-Antoine de Baïf Les poètes de la Pléiade : Pontus de Thyard… (1911)

Si fort, que l'ame mienne, Ayant trouvé le bien qu'elle desire, Ayant atteint le but où elle tire
Le fait serve à la sienne.
Tout autant vit l'affection extreme Dans moy, que vit la perfection mesme
Mais avec la ruine Tant des beautez, qui tout le corps decorent. Que des beautez, qui tout l'esprit honorent,
L'affection decline
Je ne fay plus que remarquer les traces, Où j'avoy veu paravant tant de graces,
Et louant tout l'ouvrage, Je suis marri que nostre grand'ouvriere Ne fait durer la beauté journaliere Contre l'effort de l'age.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Antoine de Baïf Jean-Antoine de Baïf Les poètes de la Pléiade : Pontus de Thyard… (1911)

Rare chef-d'oeuvre de nature. Qui sans art, burin ny sculpture, Y grava le cheval volant, Qui sur la croupe tant connue Ouvrit de sa pince cornue La source du ruisseau parlant :
Où s'eslevoit à double poincte D'Helicon la montagne sainte, Et les brigades des neuf Soeurs, De Jupiter race immortelle, Qui ceint de la branche pucelle Le docte front des bons sonneurs.
Chacune portant en la dextre L'instrument dont elle est adextre, La trompette à l'esclatant son, Les chalumeaux et la musette, La harpe, le lut, l'espinette, La guiterre et le violon.
Source : Gallica

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