Résumé

A. Carlier Contes et légendes, par A. Carlier (1865)

Ami, la mort est proche, Au repentir j'épargne le reproche. Mais tu l'as dit, tu vécus de larcins; Ton avarice opprima l'innocence; Et quel bienfait jeté dans la balance Fera pour toi pencher l'un des bassins? Dieu de son trône entendit ta prière Prouve-lui donc que ton coeur est sincère, A ce prix seul il pardonne aux humains. Ton âme encore est placée en tes mains. Un orphelin à ta porte mendie. Te souvient-il qu'un jour ta perfidie Le dépouilla du bien de ses aïeux? Rends-les lui tous et je t'emmène aux cieux.
— Je souffre moins; puis-je pas encor vivre? Suis-je si vieux?
Source : Gallica

A. Carlier Contes et légendes, par A. Carlier (1865)

Un pâtre assis auprès d'un bois, Comme tous les humains accusait la Fortune.
Il avait tant de fois Eveillé les échos de sa plainte importune Que la déesse enfin apparut à ses yeux.
« Tu te plains d'être malheureux Dit-elle. — Il est vrai. — Je puis te satisfaire. Que veux-tu?—De l'argent.—Eh bien, vois si tu peux Traverser la forêt sans songer à mal faire ; Les dieux veulent surtout qu'on soit homme de bien. Au moindre mouvement ou d'orgueil ou d'envie Qui naîtra dans ton coeur, je ne te devrai rien. Songes-y : si tu perds, ne te plains de ta vie, Car je t'en punirais. »
Source : Gallica

A. Carlier Contes et légendes, par A. Carlier (1865)

Je les vois voguer vers la France, Et redis aux flots mugissants : Mon Dieu, garde-moi l'espérance De ressaisir mes plus beaux ans !
J'ai dit aux gens de cette plage : « 0 vous qui parcourez les mers, Est-il plus fortuné rivage, Pour consoler des jours amers, Que le beau lieu de ma naissance, D'où ma mère a fui loin de nous Mon Dieu, garde-moi l'espérance D'y prier encore à genoux !
a Là-bas, d'où le soleil se lève, Là-bas, d'où naissent les beaux jours, Regardez, il est une grève, C'est mon pays, c'est mes amours. Mon père y guida mon enfance, Les temps ont blanchi ses cheveux. »
Source : Gallica

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