Georges Rodenbach,
Le Miroir du ciel natal
“ Les jets d’eau montent et retombent en leurs vasques Et sans cesse se reforment comme une vague ; Et, dans le soir, on les entend croître ou décroître. Ô jets d’eau, toute cette innocence qui joue Avec soi-même, comme un paon blanc sous la lune ! Le jet d’eau a frémi, s’assemble, fait la roue ; — Tant de jets d’eau, qui se répondent dans la brume ! Doux jets d’eau ! Innocence et froideur ! Ils sont vierges Et semblent se vêtir de blancheur unanime ; Chaque élan est comme un nénuphar qui émerge ; Et c’est, au loin, des reposoirs de mousselines. Vieilles villes qui en sont moins mélancoliques, ”
