“ L’architecture, elle aussi, est une poésie, il est vrai ; cette poésie, il la sent, il la fait passer dans ses vers comme toutes les autres ; mais, en pratique, ce n’est pas la sienne. Ce qu’il est, comme travailleur, et pour vivre, sans nul souci, de son état : ce n’est pas architecte, ce n’est pas maître, c’est ouvrier maçon. Désirée, la jeune, fille au profil grec de son premier volume, la pure orpheline, son conseil et son ange gardien, est devenue sa femme. Tout est vrai, tout est saint, tout est poétique dans sa vie. ”
Charles Poncy
Élements biographiques
Charles Poncy (1821-1891), ouvrier maçon et poète félibre provençal, incarne l’union rare du prolétariat et de la création littéraire. Issu d’une famille modeste de Toulon, son œuvre, notamment Marines (1842) et Poésies, mêle le lyrisme des paysages méditerranéens à une réflexion profondément religieuse et sociale.
Ses textes, marqués par la spiritualité, la condition ouvrière et la célébration de la Provence, témoignent d’une poésie populaire ancrée dans la réalité matérielle tout en aspirant à l’idéal. Élu majoral du Félibrige, Poncy incarne la résistance culturelle d’une langue et d’une identité régionales.
Citations de Charles Poncy
“ Le sentiment religieux est vivement et profondément accentué dans les œuvres de Poncy. Ce jeune homme a compris par l’âme, et sincèrement, qu’il n’y a pas de plus belle poésie que la religion. Son lever et son couchant du soleil, ses pensées de nuit, ses promenades poétiques sur le quai de Toulon, sa harpe du rivage, sont vivifiés par ce sentiment. Il y puise une belle inspiration lorsqu’une vague, après avoir longtemps porté et promené en ses flancs, dans l’étendue des mers, un Christ, le dépose doucement sur le rivage et que le poète lui demande d’où lui vient ce saint et mystérieux fardeau. ”
“ À ne pas déserter les célestes chemins. C’est que notre Provence est un champ bien fertile Peur ceux de ses enfans qui sont nés troubadours ; C’est qu’elle a des rochers dont la vague mutile Les vieux flancs, écaillés comme ceux d’un reptile ; C’est que nous aimons tous son ciel et ses beaux jours. C’est que souvent mon cœur ardent, enthousiaste, À l’aspect de ces fleurs qui paillettent nos champs, De nos flots azurés, de l’horizon si vaste, De la grève des bords que l’orage dévaste, Ne peut plus contenir le fleuve de ses chants. ”
