Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant

Et les vaisseaux d’orgueil pour embarquer son rêve.
Anvers, c’est l’Océan dompté et prisonnier
En des bassins de fer, de grès ou de basalte :
C’est tous les pavillons du monde dont s’exaltent
Les lions d’or, au bout des focs et des huniers ;
Anvers, c’est le grand cri de la Flandre à l’espace,
C’est l’effort qui s’enrage et chaque an, se surpasse,
C’est le butin de la montagne et des forêts
Et des mines et des fleuves pris dans des rêts,
C’est la grand’ville où l’âpre Escaut répand son âme
Et dont rêvent les blonds marins sous l’Équateur
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant

Soleil de Flandre, en avez-vous gardé mémoire ?
Sa ville était dorée aux rayons de sa gloire
Et le monde changea quand son geste apparut.
Pour la première fois, quelqu’un de Gand, un homme,
Parla sans se courber, en Roi, devant un Roi ;
Son verbe était si prompt à défendre son droit
Qu’on l’eût choisi pour chef, aux temps rouges, dans Rome.
Les fronts, les bras, les mains des turbulents métiers
Étaient son front, ses bras, ses mains, étaient sa force.
Il rangeait en faisceaux leurs volontés retorses,
Il était à lui seul un peuple tout entier.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant

De courage secret et de vouloir vermeil,
Votre vie est utile à la splendeur du monde,
Et ce que vous ferez, et puis ferez encor,
D’ardu, de clair, de grand et d’unique sur terre,
Soit par l’effort multiple ou l’élan solitaire,
Grâce à notre âme écouteuse, sera d’accord
Toujours, avec la voix sourde de vos grands morts.
Artevelde, les deux Van Eyck, Rubens, Vésale,
— Éclairs du vieux passé sur l’horizon nouveau —
Comme un orage d’or, vos œuvres colossales
Grondent, superbement, autour de nos cerveaux.
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