Émile Verhaeren,
Les tendresses premières
“ Mon Village Une place minime et quelques rues, Avec un Christ au carrefour ; Et l’Escaut gris et puis la tour Qui se mire, parmi les eaux bourrues ; Et le quartier du Dam, misérable et lépreux, Jeté comme au hasard vers les prairies ; Et près du cimetière aux buis nombreux, La chapelle vouée à la Vierge Marie, Par un marin qui s’en revint On ne sait quand Des Bermudes ou de Ceylan ; Tel est — je m’en souviens après combien d’années — Le village de Saint-Amand Où je suis né. C’est là que je vécus mon enfance angoissée, Parmi les gens de peine et de métier, Corroyeurs, forgerons, calfats et charpentiers, ”
