Jean-Aubert Loranger

Jean-Aubert Loranger

Résumé

Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Les atmosphères

Le bac rejoignait lentement l’autre rive, avec son petit bruit tranquille de papier froissé que faisait sous les panneaux l’eau qui se frisait. Puis l’homme reprenait sa sieste, immuable.
Ainsi donc, à toute la longue vie que l’homme reconnut avoir été, quand il en apprit la durée, vint-il s’ajouter un peu de mort avec l’inquiétude de ce qu’il allait être. Il eut peur, non pas précisément de la mort mais de ce qu’il allait être avant la mort, de ce qu’allaient devenir ses bras, ses uniques bras, ce qu’il avait toujours été. L’énergie de pomper la vie comme d’un puits était encore en eux
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Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Les atmosphères

Depuis peu que la gare s’est tue, et qu’elle s’ignore, ils sont là, des gens qui ne se connaissent pas, qu’un même banc tasse, dans une même attente.
Ils ne causent pas, car ils sont trop tous à la même pensée d’une même chose. Le seul grand regard unanime, comme la pensée qu’ils ont, va de la table d’heures à la petite valise posée sur leurs genoux, ou à leurs pieds.
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Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Les atmosphères

Par une brèche du mur, il apercevait au loin les lumières du village qui tremblotaient dans des feuillages. Il les vit s’éteindre une à une, puis après, il n’y eut plus que le silence et l’ombre d’où venait de temps en temps le bruit sec de quelques portes tardives.
Dans le rez-de-chaussée, on veillait encore.
L’homme entendait battre son cœur à ses tempes, et il eut un pressentiment de quelque chose de terrible qui allait se passer.
La nuit en s’épaississant lui devenait intérieure. Pour la première fois de sa vie, il en éprouvait la chose mystérieuse.
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