Résumé

Le Petiot (Maurière)

Avant, Mathieu avait cinquante ans ; maintenant, il en tient soixante-dix et plus ! Assis contre la jambette de la cheminée, les coudes sur les genoux qui se touchent, les poings dans ses joues enfoncées, il semble soutenir, sur ses épaules maigres tout le poids de la lourde maison. Les objets de ménage traînent dans les coins et sur les meubles ; la poussière couvre les faïences peintes de l’étagère.
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Le Petiot (Maurière)

Parfois, un sursaut de colère fait tressaillir l’homme, comme un coup de fouet sur une bête épuisée, qui se redresse un moment. C’est lorsque vient à passer la Fleuriote.
— C’est c’te traînée. C’est sa faute, à c’te rien du tout !
Les mâchoires de Mathieu se mettent à trembler, et sous ses joues creuses, des os s’agitent, roulent, tandis que ses doigts se crispent, comme pour saisir quelqu’un à la gorge. Puis il retombe sur son fauteuil de bois, épuisé... Les terres s’encrassent de chiendent, la prairie est ulcérée de cuscute
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Le Petiot (Maurière)

Le père Mathieu est rentré ce soir plus affaissé et plus geignant que d’habitude ; il couve la cendre. Les pieds sur les chenêts, il regarde la neige qui tombe et parsème de fleurs la terre morte : on est en janvier.
La porte s’ouvre. Il n’est pas poli de frapper à la campagne : la cuisine, hospitalière, doit s’ouvrir sans qu’on ait à le permettre, et l’on n’a rien à cacher.
— Tiens, c’est toi ! Comme te voilà moult beau !
— C’est le petit à la Fleuriote, dit la mère. Il vient chercher ses étrennes.
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