Résumé

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Paris, ou Le livre des cent-et-un

Depuis un mois Chaillot est en proie au plus horrible de tous les fléaux, Chaillot est un enfer, Chaillot est inhabitable pour toute créature qui n’a pas les nerfs en fil de fer, ou qui durant six mois n’a pas entendu, deux fois par semaine, des concerts d’amateurs en province ; et si l’autorité ne cherche pas à conjurer le terrible fléau qui pèse sur le village, les habitans n’auront bientôt plus qu’à emporter leurs dieux pénates, et à chercher, loin de ces lieux maudits, des rives plus hospitalières et des cieux plus indulgens.
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Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Paris, ou Le livre des cent-et-un

Chaque matin, au lever du jour, pendant que vous dormez mollement, que votre croisée entr’ouverte laisse glisser à travers votre double rideau la brise matinale, et que les songes, sortis par le cornet d’ivoire, vous caressent du bout de leurs ailes, en face de Chaillot, sur la rive gauche de la Seine, dans l’allée d’arbres qui s’étend des Invalides au Champ-de-Mars, douze hommes veillent ; chacun de leurs bras se termine par une baguette de chêne, et ils portent au flanc un instrument de cuivre en forme de cylindre, que recouvre une pe au d’âne.
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À dix heures tout est rentré, tout dort, et vous n’entendez plus que le roulement de l’Omnibus qui passe dans la grande rue. L’Omnibus est le lien le plus réel qui existe entre Chaillot et Paris ; c’est l’Omnibus, mieux que tous les décrets et toutes les ordonnances, qui a réuni le village à la ville. Avant l’Omnibus, chaque quartier de Paris était une ville ; l’Omnibus n’a fait qu’une ville de tout Paris.
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