Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Héros

Nul ne peut plus douter que tu ne sois toi-même
L’infaillible ouvrier de ton éternité.
III
Alors la gloire entière est ton bien et ta proie,
Tu la domptes, tu la lèches et tu la mords ;
Jamais un tel amour n’a angoissé la mort
Ni tant de violence enfanté de la joie.
Tu rentres comme un roi en ta large maison,
Toute la Flandre est tienne, ainsi qu’est tien le monde ;
Tu lui prends pour l’aimer sa fille la plus blonde
Dont le nom est doré comme un flot de moisson.
Tu ressuscites tout : l’Empyrée et l’Abîme
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Héros

La vie entre leurs mains devient ruine et cendre ;
Ils incendient les bourgs, les clos et les moissons ;
La flamme est leur drapeau flottant aux horizons.
Rien ne leur est défense, arrêt, barrière, obstacle ;
S’ils le pouvaient, ils tueraient Dieu :
Un jour, l’un d’eux planta son rouge épieu.
Dans le cœur d’or d’un tabernacle.
Étalons fous des prés blancs et verts de la mer,
Leurs bondissants vaisseaux courent sur les flots clairs ;
De l’un à l’autre bout des tragiques espaces,
Le vent et l’ouragan leur insufflent l’audace ;
Ils chantent sous la foudre et ne redoutent rien.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Héros

La victoire resta aux mains des tisserands ;
Les foulons lourds virent la mort coucher leurs rangs ;
L’arbre de leur orgueil tomba dans la poussière ;
Ils étaient les rameaux ; Artevelde le tronc.
Ô quel écroulement jetant à bas sa cause.
Et quel brusque danger environnant son front,
Quand seul, la nuit, l’oreille à sa fenêtre close,
Les poings serrés, il s’acharnait à écouter
Rugir vers lui, du fond rageur de sa cité,
Les ruts de la folie et de la cruauté.
On le tua, à l’heure où les tours étaient rouges
Et comme en feu, de loin en loin, sous le couchant.
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