“ Et ceux qui vont à Deynze, et de Deynze à Courtrai, Et ceux que le lundi pousse jusqu’à Termonde ; Tous, ils rentrent, le soir, avant la nuit, chez eux, Sans que jamais aucun ne laisse errer ses yeux Au long des rails brûlants, qui vont au bout du monde. ”
Termonde
Définition et enjeux
La gare de Termonde, située en Flandre-Orientale, incarne un carrefour ferroviaire stratégique depuis son inauguration en 1837. Historiquement, elle a joué un rôle central pour les lignes 53, 57 et 60, tandis que ses bâtiments, mêlant modernité et patrimoine, reflètent son influence dans l’évolution des infrastructures belges.
Des auteurs comme Émile Verhaeren, dans LA GARE, ou Eugène Laveille, en mentionnant ses défenses militaires, ont souligné son importance à la fois symbolique et pratique. Louis Jouan, pour sa part, la cite dans un contexte historique guerrier, illustrant son rôle dans les conflits du passé. Cette gare, intersection de lignes et de récits, incarne ainsi une convergence de l’histoire, de la géographie et de la culture flamande.
Citations sur “Termonde”
Émile Verhaeren,
Les Villes à pignons
“ Et la Durme, à Tilrode, et la Dendre, à Termonde, L’ont vu, la voile au clair, faire sa ronde De l’un à l’autre bout des horizons. Oh ! la mobilité des paysages, Qui tous reflètent leurs visages Autour de son chaland ! ”
Eugène Laveille, Le Père De Smet
“ Située au confluent de la Dendre et de l’Escaut, au milieu de polders submersibles, Termonde offrait pour la défense militaire des avantages exceptionnels. Fortifiée dès le commencement du XIVe siècle, elle soutint plusieurs sièges contre les Anglais, les Espagnols et les Français. En 1667, elle força à la retraite une armée que commandait Louis XIV en personne [1] . C’est aujourd’hui une ville de 10 000 habitants. Les fossés qui l’enserrent, les canaux qui la sillonnent en font presque une de ces « Venises du Nord » au va-et-vient incessant et silencieux. L’industrie y est active ”
Émile Verhaeren,
Les Villes à pignons
“ Ou bien encor, le marguillier, chrétien fervent Qui tous les jours entend la messe Puis s’en revient, par le couvent, Saluer, ponctuellement, La chanoinesse. Ainsi vivent-elles les servantes, là-bas, À Dixmude, Courtrai, Lierre, Deynze ou Termonde, Serrant la vie et mesurant le monde, Avec leur aune vieille ou leur pauvre compas ”
Louis Jouan, La Campagne de 1794-1795 dans les Pays-Bas… (1915)
“ Movra (Analais et Hessois) devaient s'établir derrière Alost et se relier par leurs avant-postes, à droite avec les Hanovriens, à Termonde; à gauche avec Clerfayt. Walmoden, avec les Hanovriens. se porterait le 4, à Lebbeke et occuperait Termonde, en rappelant à lui la garnison d'Audenarde. Le général von dem Bussche, avec la garnison d'Herinnes, se dirigeait sur Termonde, laissant à Grammont 3 escadrons et 60 chasseurs. Le corps du duc d'York marcherait le ú de Grammont sur Lombeek et le 5 s'établirait près d'Assche. ”
Madeleine Desroseaux, La Bretagne inconnue (1938)
“ La vraie Troménie commence. Rogations à travers champs aux- quelles participe toute la campagne bretonne... Avant d'arriver à la tente de saint Germain, patron de Kerlaz, on marche entre deux talus pavoisés en rose par les silènes ; des chèvrefeuilles vous envoient au passage un encens voluptueux, ce parfum qui est comme la prière des fleurs... Le chemin que va prendre la Troménie est immuable depuis des siècles ; c'est celui que parcourait chaque semaine saint Ronan, l'éternel troménieur. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Et, en disant cela, il porta un coup si violent à son fils qu’il lui trancha la tête. — Voilà l’homme sans tête. — Mais, comme Trémeur était d’une force prodigieuse, il retint, sans broncher, sa tête contre sa poitrine. Au même instant, il y eut un grand coup de tonnerre ; un zigzag de feu passa entre nos trois hommes, et, si le tonnerre fait souvent du mal, cette fois il fit un bon coup, Trémeur et saint Herbot. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Finalement, je vous engage à aller vous promener du côté de Carhaix, si vous ne connaissez pas ce beau pays : vous y verrez le saint sans tête. Il est toujours là, à la place où il tomba jadis, couché contre le talus du cimetière de Saint-Trémeur ; seulement il est changé en pierre, naturellement, pour durer davantage sous le soleil et la pluie, et pour rappeler au monde cette histoire surprenante et surtout véritable. Pour moi, je dis en finissant, que si Trémeur avait perdu sa tête, il avait gardé un cœur fort ; ce qui prouve peut-être que le cœur vaut mieux que la tête. ”
Anatole Le Braz,
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
(1902)
“ Des gens qui accomplissaient la Troménie , isolément , pour leur compte , ont souvent entendu , sans voir personne , des frôlements dans les haies ou des bruits de pas sur les sentiers . C' étaient des âmes s' acquittant , après la mort , du pèlerinage qu' elles n' avaient pas fait de leur vivant . * * * Il arrive parfois que le mauvais temps empêche la grande procession de la Troménie de sortir . Mais , en ce cas , des cloches mystérieuses se mettent à sonner dans le ciel , et l' on voit un long cortège d' ombres se profiter sur les nuages . ”
Aubin-Louis Millin, Voyage en Savoie, en Piémont, a Nice… (1816)
“ On ne trouve d'arbres fruitiers que quelques ce- risiers des Alpes. On arrive enfin sur un plateau élevé, au bas duquel est le bourg de Termignon, qui est dans une vallée qu'on appelle dentre deux aigues, parce que l'Aysse la coupe, et l'Arc s'y promène. On n'en aperçoit du chemin que les énormes toits très - avancés, et qui dérobent à l'œil les rues étroites de ce grand village, dont les habitans sont d'intrépides chasseurs de chamois. ”
Anatole Le Braz,
Au pays des pardons
“ C’est un rude pardon que la Troménie, et où l’on ne doit ménager ni sa sueur, ni sa peine. On n’y gagne pas que des indulgences, mais encore un robuste appétit. L’air vif des hauteurs, aiguisé de salure marine, et quelque cinq lieues par les ravines et les landes vous dilateraient l’estomac d’un citadin ; à plus forte raison, d’un rustique. D’ailleurs, il n’est point de concours religieux en Bretagne qui n’aille sans un semblant de liesse profane. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Trémeur eut, dit-on, de belles aventures. Comme il aimait la guerre, il tua plusieurs géants, ogres et bêtes féroces qui désolaient le pays. Il est bon de vous dire qu’il avait juré de ne pas se marier, et, en cela, il n’avait peut-être pas tort, vu que, si une beauté lui eût tourné la tête, adieu la colle et le reste... Vous comprenez. Pourtant le diable, celui qu’on nomme chez nous le vieux Guillaume, non pas le lugubre Satan, mais un diable comique, tendre et bon enfant ; donc, ce farceur de diable-là avait aussi juré de jouer un tour à Trémeur, Le manoir de l’ogre. ”
René Bazin,
Nord-Sud: Amérique; Angleterre…
“ Tromsœ, ville des fourrures, nous parut un grand port, et parmi ses bouleaux cagneux plantés dans la pierraille, nous nous baissions, pour passer sous des branches.Tout cela est loin. Cette nuit, nous avons retrouvé l'ombre, pour quelques heures; le soleil est descendu au dessous de l'horizon; plusieurs s'en sont réjouis, ayant dormi plus facilement ”
Rodolphe Töpffer,
Nouveaux Voyages en zigzag
“ D’ailleurs, et nous l’avons déjà indiqué, la Maurienne est une vallée peu pittoresque, pauvre de végétation comme de culture, et dont les montagnes, sans avoir encore aucun caractère italien ou méridional, ont déjà perdu celui qui est propre aux Alpes de Suisse ou de Savoie. Voir Termignon, où nous arrivons tout à l’heure : c’est le plus pelé, le plus chérif, le plus rachitique de tous les endroits qui prétendent à avoir l’air d’un paysage. ”
Madeleine Desroseaux, La Bretagne inconnue (1938)
“ Certains les préfèrent à la Troménie solennelle. C'est au choix des fidèles. Peu importe la façon de faire ses dévotions au saint pourvu qu'on les fasse. Un vieil adage court dans toute la Cornouaille : « Celui qui ne fait pas la Troménie de son vivant devra la faire après sa mort, et il n'avancera chaque jour que de la longueur de son cercueil. » Un troménieur mathématicien, rencontré à Locronan, a compté que le défunt mettrait plus de seize ans à effectuer le parcours. Pendant huit jours, le nom de Ronan sera sur toutes les lèvres. Gloire que les siècles n'ont pas dédorée. ”
Barthélemy Imbert, Contes moraux, par Imbert,... publiés pour la première fois par N.-L. Pissot… (1806)
“ Dans quel abyme sont précipités Thermond , Juliette et son père ! et sans doute le plus malheureux des trois , est Thermond , qui vient de livrer à la mort deux têtes si chères. Aucun supplice n'est comparable aux tourmens qu'il endure ; mais il se croirait plus criminel encore , s'il se bornait à pleurer des maux dont il est l'auteur. Son désespoir lui laisse encore tout son courage ; et il aime mieux s'exposer à se perdre lui-même , que d'abandonner des malheureux qu'il a faits. Le lendemain il prévient le moment (70) où Mirvey doit être conduit devant Cromwel. ”
“ Peut-être n'est-ce pas la première fois que vous allez au château de La Tremlays?—Peut-être, répéta le capitaine qui sembla éviter une réponse plus catégorique.—Si vous y êtes allé, continua Jude dont tous les traits exprimaient une curiosité puissante, vous avez dû voir un jeune homme..., un beau jeune homme: l'héritier de ces nobles domaines, l'unique rejeton d'une race qui est vieille comme la Bretagne! ”
Jules Verne,
Un capitaine de quinze ans
“ « Oui, répéta-t-il, voilà pourquoi ces intelligents termites ont abandonné la fourmilière ! Ils avaient pressenti l’inondation ! Ah ! l’instinct, mes amis, l’instinct ! Plus malins que nous, les termites, beaucoup plus malins ! » Et ce fut là toute la moralité que le cousin Bénédict tira de la situation. En ce moment, Dick Sand ramenait la baguette, qui avait traversé la paroi. Un sifflement se produisait. L’eau monta encore d’un pied à l’intérieur du cône... Le trou n’avait pas rencontré l’air libre à l’extérieur ! ”
Louis Gabriel Suchet, Mémoires du maréchal Suchet, duc d'Albufera… (1828)
“ La montagne du Tremedal forme une espèce de croissant de trois quarts de lieue de longueur; elle s'élève de plus de six cents pieds au-dessus de la Molina et de la petite ville d'Origuela bâtie au bord, dans une gorge étroite, à l'extrémité d'une plaine stérile de deux lieues, qui se prolonge dans la direction de Villar de Saz. La branche du croissant la plus rapprochée se termine en plate-forme circulaire ; là est bâti le monastère avec ses dépendances. Le sommet est entouré d'aiguilles et de rochers, qui forment comme un parapet avec des embrasures. ”
Paul Féval, Contes de Bretagne, par M. Paul Féval (1878)
“ « Ce bruit, c'était le tournant de Trémeulé, au-dessus duquel ne planait point encore la Femme Blanche. « Le chaland d'Ermengarde la belle fendait l'eau comme une flèche fend l'air. La barque du Français le suivait de près. Le bruit du tournant n'était plus ni sourd, ni lointain : il était éclatant et terrible. « Tout à coup, le Français vit Ermengarde la belle se mettre à genoux et prier. Puis, elle fit un signe de croix et demeura immobile. « Ferme sur les avirons! » cria le Français. ”
“ Il n’y a pas de grandes élévations en Provence : le Coudon lui-même n’est qu’une montagne de troisième ordre ; mais le dessin de ces aspérités est toujours fier et large. Le laid même, car il y a de très-laides régions, n’a rien d’étroit et de mesquin. Je jetais un dernier regard sur le panorama maritime, quand je me rappelai que, de Tamaris, madame d’Elmeval regardait tous les soirs au coucher du soleil la cime où je me trouvais. ”
“ Le vent d’est, qui passe au pied des Alpes de Nice et rase la mer, apporte, au contraire, sur le littoral de Provence des aspirations d’une longueur démesurée, des sanglots d’une douleur inénarrable. Je songeais malgré moi à la villa Tamaris, exposée par le prolongement de la presqu’île à cette fureur des rafales. Je songeais surtout à l’austère veillée de la marquise, seule dans sa chambre, étiquetant des plantes ou repassant ses auteurs pour la leçon du lendemain à son fils, maintenant endormi sous ses yeux. — Mais était-elle toujours seule, la sainte et digne femme ? ”
Anatole Le Braz,
Au pays des pardons
“ Ils cheminent en silence sans échanger une parole : la Troménie est un « pardon muet ». A leurs yeux vagues, obstinément fixés devant eux, on devine que toute leur âme est concentrée dans une oraison intérieure dont rien ne la saurait distraire, pas même le splendide horizon qui, vu de ces hauteurs, semble se déployer au loin comme les branches mouvantes et merveilleusement nuancées d’un éventail prestigieux. Ils marchent isolés ou par troupes. C’est tantôt une famille, avec tous ses membres, tantôt un village entier, un clan de laboureurs émigré en masse, hommes et femmes, enfants et chiens. ”
Auguste Laugel,
Louise de Coligny
“ Le roi fut sans doute ému de pitié par la mort de La Trémoille, par la désolation de la « belle Brabant, » qui restait veuve avec six enfans ; il ne voulait que disloquer les grandes familles huguenotes, la mort s’en chargeait pour lui. Pour la princesse d’Orange, elle ne cessait de donner les meilleurs conseils à la duchesse de La Trémoille. « Le meilleur remède est le temps, la patience et l’humilité de M. de Bouillon. Mon opinion et celle de tous ceux de deçà est telle, et que s’il en recherche d’autres, il ruinera plus ses affaires qu’il ne les avancera. » ”
Albert Millaud,
Voyages d'un fantaisiste : Vienne…
(1873)
“ De Riva jusqu'à Trente, la route qui se fait moitié en voiture, moitié en chemin de fer, parcourt une large vallée, entourée de hautes montagnes boisées et semée de quelques petits lacs dont l'eau bleue plaît à l'œil et les truites au goût. Je ne connais rien de bon comme une truite toute fraîche, mais les truites sont comme les montagnes : elles deviennent parfois un abus. A Trente, l'ennui vous prend à la gorge, une fois hors du wagon. Une ville sans boutiques, faiblement éclairée de quelques becs de gaz et perdue dans les montagnes. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ La mer était bien belle, Tamaris bien charmant, et, vous autres, vous étiez des anges gardiens pour nous. Je ne reproche donc au Var que trop de vent, trop d’oliviers et trop de poussière. Mais ce n’est la faute de personne et cela ne m’empêchera pas de lui garder un tendre souvenir. ”
Paul Féval, Le Loup blanc (1878)
“ Quand il n’est plus temps de combattre, il est temps encore de se venger et de mourir. M. de la Tremlays monta sur son bon cheval et prit la route de son domaine. Ceux qui le rencontrèrent en chemin, ce jour-là, ne purent deviner les pensées qui se pressaient dans son esprit. Robuste de cœur autant que de corps, il savait garder au-dedans de lui sa colère. Son front restait calme, son regard errait, vague et indifférent, sur le plat paysage des environs de Rennes. Lorsqu’il entra sous le couvert de la forêt, le soleil baissait à l’horizon. ”
Paul Féval, Contes de Bretagne, par M. Paul Féval (1874)
“ A la place où était le bateau, le lac s'est refermé, calme et lisse comme la surface d'un miroir; il reflète joyeusement les rayons du soleil qui, pour lui, arrive toujours assez vite. Il n'y a rien là pour annoncer le naufrage et la mort. On comprend maintenant pourquoi Toussaint avait senti fléchir son courage et cessé de « percher. » Entre lui et la rive, il y avait dix courants peut-être, dont neuf l'eussent porté tout droit au lit de l'Oust, puis au tournant de Trémeulé. Lutter contre le péril, c'était hâter l'heure de la mort. ”
Fredrika Bremer,
La vie de famille dans le Nouveau-Monde
“ On n’entend point ses propres pensées, encore moins celles des autres, quand même ils crient dans votre oreille ; la fureur du géant couvre la voix, enivre, subjugue. C’est uniquement dans sa couleur transparente et enflammée que je vis le feu divin, et lorsque, placée sur une terrasse de rocher, à côté de la chute, j’ôtai mon chapeau et me laissai mouiller par la poussière d’eau qui tombait comme un brouillard. La nature, autour de Trenton, est sauvage, d’une beauté pittoresque, mais étroite. Nous passâmes la journée à Trenton, faisant société avec ce géant et ses alentours. ”
Tallemant des Réaux, Les historiettes de Tallemant des Réaux…
“ Cependant madame de La Trémouille dit qu'un jour elle vit sortir madame la Princesse fort en désordre d'une ruelle de lit où elle étoit avec Chavigny, et que jusqu'alors elle n'avoit eu aucune mauvaise opinion d'elle.Le cardinal La Valette avoit quelquefois de plaisantes visions. Un jour il disoit qu'il voudroit être montagne. «Et moi, je voudrois être soleil, dit madame de Rambouillet.—Soleil, soleil, reprit-il, ne l'est pas qui veut.» Comme s'il étoit plus aisé d'être montagne que soleil! ”
Albert Cim,
Disparu ! Histoire d'un enfant perdu
(1912)
“ Tambour! Le nouveau Tambour! » s'écrièrent en chœur Franz et Rita. Et, plus que jamais, le trépas de Trompette, de cette vilaine bête, « cette sale cagne », boudeuse, hargneuse, entêtée, vindicative, qui ne voulait pas se faire à son nouveau maître, fut résolu. « Si tu bronches encore, gare à toi, ma vieille! Ça ne traînera pas! » Trompette s'élança sur son ennemi. Et Trompette continuant de « broncher », Bogdan la prit un soir avec lui, sans souffler mot à personne de son dessein, et, la tenant en laisse, l'emmena sur le bord du canal. ”
