“ Ayant, comme vous, passé ma vie sans connaître et sans pouvoir chercher l’amour, je ne peux vous apporter le tribut de l’expérience. — Alors nous sommes tous ici sans expérience, car le baron n’a jamais aimé non plus. C’est peut-être Nama qui aime ? Et quand j’y songe, cette passion de chien fidèle qu’elle a pour la Florade, ce dévouement aveugle, tranquille, soumis, qui n’est ni amour ni amitié... — Prenez garde, c’est un instinct fanatique dans une intelligence sans clarté, et ces engouements-là ne viennent pas sans motif dans les têtes bien saines. ”
George Sand
Résumé
George Sand, dans Tamaris, explore les tensions entre amour et origine sociale à travers les destins entrelacés de personnages comme Florade, Pasquali et la marquise. Publié au XIXe siècle, ce roman mêle réflexions sur la passion, la dévouement et les rapports de domination, illustrés par des dialogues percutants et des descriptions de paysages mémorables.
Les thèmes de l'identité, de la jalousie et des chimères amoureuses s'articulent autour de lieux symboliques comme la falaise ou la bastide, reflétant une société en transformation. L'œuvre, marquée par une prose vive, interroge les conventions sociales à travers des relations complexes et des conflits intérieurs.
Citations de Tamaris (George Sand)
“ Il l’aime aujourd’hui pour sa figure riante, pour son uniforme et son canot. Ce qu’il rêve déjà, c’est d’être marin, je parie ! Demain, il l’aimera pour ses tendres caresses et ses fines gâteries... Il ne connaît de moi que la tisane et les cataplasmes ! Vais-je donc être jaloux de Paul ?... Non, pas plus que je ne veux l’être de sa mère. La Florade est aventureux. Il recule sans doute encore devant l’idée de conquérir la fortune avec la femme : mais il est homme à accepter et à dominer à force de cœur et d’audace les plus délicates situations... ”
“ Je saluai rapidement Pasquali et j'entrai brusquement dans le vestibule, comme si j'eusse voulu défendre la maison d'un assaut.En me voyant, la marquise exprima une vive satisfaction et dit à Pasquali:—Ah! voilà notre providence, à Paul et à moi! Mais où cours-tu? ajouta-t-elle en rappelant l'enfant, qui voulait s'échapper à travers mes jambes par la porte entr'ouverte.—Laisse-moi aller voir l'officier de marine qui est dans le jardin, répondit Paul; je veux regarder de près son uniforme!—Non, lui dis-je, vous n'irez pas! Quand on est enrhumé, on ne doit pas courir dehors! ”
