“ Voici la Florade non guéri encore, mais hors de danger. Il se croit éconduit ; je dois, en qualité de médecin, vous demander si cela est sérieux et définitif, et si, en cas contraire. Je ne dois pas le consoler de ce chagrin pour hâter sa guérison. — Ah çà ! répondit le baron en me regardant fixement avec ses yeux ronds si vifs et si doux en certains moments, veux-tu me dire où tu as pris cette idée biscornue que la marquise avait jamais songé à M. la Florade ? ”
Citations sur “Florade”
“ La Florade est aisément guéri d’une passion par une passion nouvelle. Peut-être, si on avait la patience de reconduire poliment pendant quinze jours, serait-il consolé, ce qui vaudrait mieux que d’avoir été vaincu. — Mais je tiens à ce qu’il soit vaincu, moi ! répliqua le baron. J’y mets mon amour-propre d’ami enthousiaste de la marquise, et je me soucie fort peu que ton La Florade soit désolé ou non. Un homme de ce caractère peut souffrir, et on ne doit rien à celui qui s’embarrasse si peu de faire souffrir les autres. ”
G. Sand, Revue des Deux Mondes
“ Laissons-le venir, et nous verrons bien si ses prétentions survivront à un tête-à-tête avec la marquise. — Vous avez fait part de vos idées sur ce point à Mme d’Elmeval ? — Oui, et elle les approuve d’autant plus en ce moment, j’en suis sûr, que La Florade vient de nous montrer son audace. — Prenez garde, mon ami, de vous exagérer la force de l’ennemi. La Florade est aisément guéri d’une passion par une passion nouvelle. ”
“ C'est peut-être Nama qui aime? Et quand j'y songe, cette passion de chien fidèle qu'elle a pour la Florade, ce dévouement aveugle, tranquille, soumis, qui n'est ni amour ni amitié....—Prenez garde, c'est un instinct fanatique dans une intelligence sans clarté, et ces engouements-là ne viennent pas sans motif dans les têtes bien saines. Je ne veux pas dire que la Florade en soit indigne; mais elle le connaît si peu et elle est si incapable de l'apprécier, qu'elle eût pu en aimer tout autant un autre sans savoir pourquoi.—Alors vous êtes persuadé qu'une tête saine peut se fier à son cœur? ”
G. Sand, Revue des Deux Mondes
“ Ce n’est pas un imbécile, c’est un menteur et un lâche ! Il ne fallait pas réfléchir longtemps pour conclure de tout ce qui précède que La Florade avait revu la Zinovèse, qu’elle était de nouveau éprise et jalouse, qu’elle surveillait ses démarches, que ses soupçons s’étaient portés sur la marquise, et que, pour la tranquilliser, La Florade lui avait fait croire que j’étais l’époux ou le fiancé de celle-ci. Je me trouvai assez embarrassé ; je devais ou compromettre la marquise, ou exposer La Florade au ressentiment de sa maîtresse. ”
“ J’allai trouver La Florade à son bord. Il était très changé. Ses cheveux s’étaient beaucoup éclaircis, ses yeux n’avaient pas retrouvé leur bizarre entourage coloré et leur ardente expression. Il était plus pâle, plus distingué, et d’une beauté plus sérieuse et plus douce. Ses forces étaient revenues, mais ses nerfs le faisaient souffrir encore presque tous les jours, et il se préoccupait de lui-même et de sa santé en homme qui aime la vie, qui croit à la possibilité de la perdre, et qui n’a plus la moindre envie d’en abuser. ”
“ La promenade est jolie, et je pourrai causer avec vous. Nous traversâmes un champ et gravîmes le revers de la colline qui regarde l’ouest par un escalier dans des schistes lilas, à travers les arbres et les buissons. Il n’était pas facile de causer sur une pente si roide ; mais, quand nous eûmes gagné un joli coin herbu, en vue de la mer, sous les cytises, nous nous arrêtâmes, et la Florade me parla ainsi : — J’aime autant vous dire tout. Vous êtes un homme sérieux, vous serez discret, et puis vous me donnerez un bon conseil. J’en ai besoin. ”
“ Il l’aime aujourd’hui pour sa figure riante, pour son uniforme et son canot. Ce qu’il rêve déjà, c’est d’être marin, je parie ! Demain il l’aimera pour ses tendres caresses et ses fines gâteries... Il ne connaît de moi que la tisane et les cataplasmes ! Vais-je donc être jaloux de Paul ?... Non, pas plus que je ne veux l’être de sa mère. La Florade est aventureux. Il recule sans doute encore devant l’idée de conquérir la fortune avec la femme : mais il est homme à accepter et à dominer à force de cœur et d’audace les plus délicates situations... ”
“ Dans huit jours, j’installerai le baron et je fuirai, laissant à la marquise un conseil et un appui sérieux. — Moi, j’oublierai, puisqu’il le faut ! J’essuyai la sueur froide qui coulait de mon front, je remontai les degrés de la noria, je redescendis ceux de la bastide, et j’étais au rivage quand le canot y déposa ses passagers. Malgré moi, mon premier regard fut pour La Florade. Sa physionomie était sérieuse et comme éteinte par le respect. Il n’y avait certes rien à reprendre dans son attitude. J’en fus d’autant plus consterné. Trop confiant en lui-même, il eût certainement déplu. ”
Alexandre Dumas,
Joseph Balsamo
“ Je suis mère, Philippe ; mais Dieu a voulu, je le crois du moins, ajouta-t-elle en rougissant, que la maternité fût, chez la créature, un état analogue à celui de la fructification chez la plante. Le fruit ne vient qu’après la fleur. Pendant la floraison, la plante s’est préparée, transformée ; car la floraison, à mon sens, c’est l’amour. — Vous avez raison, Andrée. ”
Pierre Corneille,
LA SUIVANTE (1634)
“ Florame. Les avis d’Amarante, en trahissant ma flamme, N’ont point gagné Géraste en faveur de Florame. Les ressorts d’un miracle ont un plus haut moteur, Et tout autre qu’un dieu n’en peut être l’auteur.Daphnis. C’en est un que l’Amour. Florame. C’en est un que l’Amour. Et vous verrez peut-être Que son pouvoir divin se fait ici paraître, Dont quelques grands effets, avant qu’il soit longtemps, Vous rendront étonnée, et nos désirs contents.Daphnis. Florame, après vos feux et l’aveu de mon père, L’amour n’a point d’effets capables de me plaire. ”
Gustave Flaubert,
La Première Tentation de Saint Antoine
“ Tout disparaît, et, à la lueur oblique de la lune, on aperçoit une onde claire, qui va se perdant sous des troncs d’arbres. — Les grosses racines hors de l’eau sont couvertes de mousse. Les branches supérieures se courbent en dôme, et, çà et là, passe un jour verdâtre qui chatoie sur les feuilles, tremblotte à la pointe des herbes, scintille contre les cailloux, allonge des moires sur le sable mouillé. Des vapeurs blanches, suspendues, se déchirent lentement. La rosée coule le long des écorces, et un grand saule traverse tout, avec une liane qui retombe, d’un bout à l’autre. ”
Charles de Franciosi, Lettres à Mme Z. L. sur la botanique (1858)
“ Au charme de la fleur viennent se joindre, pour celui qui la cultive , mille autres plaisirs de détails, les soins, l'attente, l'incertitude, les craintes, tous les épisodes, toutes les péripéties de jardin que les esprits blasés ne comprennent pas, que les cœurs secs prennent en pitié. On devrait faire entrer la culture forcée des fleurs dans le système pénitentiaire ; il faudrait qu'une serre et un beau jardin fussent imposés à chaque institution , et que l'on ordonnât de cultiver la marjolaine , les oeillets , la rose , la violette autour des écoles de tous les degrés. ”
Henry Hollard, De l'homme et des races humaines (1853)
“ C'est ici que le luxe du développement végétal arrive à son apogée. Les appendices de la tige, en subissant quelques modifications de formes et de dispositions, deviennent ou des organes nourriciers, les feuilles proprement dites sous leur modeste livrée verte, ou des organes de fructification, des fleurs formées de plusieurs cercles de feuilles plus ou moins transformées, peintes des plus belles couleurs. C'est dans la fleur que s'épuise le dernier développement de la plante, et cet acte suprême de la vie végétale est encore un acte de production. ”
Auguste Debay, Les Parfums et les fleurs, par A. Debay
“ Les tièdes brises ont fondu les frimats ; un plus doux soleil éclaire la nature ; la terre, échauffée par ses rayons, laisse sortir de son sein les germes qu'elle y tenait cachés, et de tous côtés le sol se couvre de verdure. C'est l'époque de la germination: encore quelques semaines et ce sera celle de la floraison; brillante époque de l'année où Flore étale sa guirlande aux mille couleurs, aux mille parfums ; où tout ce qui vit et respire éprouve la féconde influence du printemps. ”
Taxile Delord,
Les fleurs animées. [Suivi de Botanique des dames et Horticulture des dames…
(1847)
“ Florizelles se promenait dans son jardin comme au commencement de cette histoire. Il causait avec son ancien gouverneur qu'il avait invité à dîner. Tous les deux parlaient de Toinette. Vers la fin de l'entretien, le docteur Cocomber cueillit un oeillet. – Voilà, dit-il au marquis, la fleur qui m'a fait émettre la maxime qui vous a perdu. De toutes les fleurs, c'est celle qui est la plus susceptible de culture. Savez-vous ce qu'en a fait la sagesse des nations ? ”
George Sand,
Le Diable aux champs
(1857)
“ FLORENCE. — Un artiste et un ouvrier... en jardinage. C’est donc un métier bien grossier à vos yeux, madame, que vous n’admettez pas qu’on puisse l’exercer et parler français ? DIANE. — Au fait ! je ne sais pas... pourquoi non ? Jardinier-fleuriste, c’est un état charmant, et vous êtes, d’ailleurs, le premier avec qui je cause. Ah ! mais, n’est-ce pas monsieur Jacques, mon voisin, qui passe là-bas ? Je veux lui parler. Au revoir, et bon courage, monsieur Florence ! Je désire vous rendre aussi content de moi que je le suis de vous. ”
Céline Fleuriot, Le Jardinier des dames, ou l'Art de cultiver les plantes d'appartement… (1883)
“ Le jardin dans une carafe n'est pas moins intéressant à connaître que les jardins suspendus. A la beauté des fleurs que l'on obtient, ce procédé joint l'avantage d'exiger peu de soins; De plus, pour peu que vous fassiez un peu de feu tous les jours dans votre salon, vous pourrez obtenir des fleurs pendant toute la durée de l'hiver, ce qui constitue toujours une agréable distraction. Parmi les plantes qui se prêtent le plus facilement à ce singulier genre de culture, je vous citerai les Jacinthes, les Narcisses-Jonquilles, les Tulipes de Tholl dont je vous ai déjà parlé et les Crocus. ”
Charles de Franciosi, Lettres à Mme Z. L. sur la botanique (1855)
“ Or, comment viendra pour ces plantes le moment marqué par le Créateur pour le phénomène qui doit assurer la conservation de l'espèce par la fructification de la plante. Voici l'heure où la floraison va commencer, la fleur garnie de pistils, la fleur femelle, se déroule sur son pédoncule en spirale et vient épanouir à la surface du fleuve sa corolle. L'eau baisse, la spirale se raccourcit; l'eau monte, la spirale s'allonge. Etrange spectacle ! les fleurs à étamines, les mâles, non pourvues de spirale, ont rompu la tige qui les retenait au fond du fleuve et viennent flotter à la surface. ”
X.-B. Saintine,
La mère Gigogne et ses trois filles…
(1864)
“ Je dis comment, avec une fleur simple, à quatre ou cinq pétales, le jardinier habile parvient, soit par des semis dans une terre bien préparée, soit par des engrais habilement calculés, à forcer les pistils et les étamines de changer de rôle et de couleur, de s'élargir et de devenir des pétales qui vont s'aj outer à ceux qui déjà composaient la corolle. Tel est le secret des fleurs doubles. Ainsi la rose sauvage, l'églantine de nos buissons, grâce à l'art du jardinier, est devenue la rose à cent feuilles, et, de simple campagnarde qu'elle était, a mérité d'être proclamée la reine des fleurs. ”
Édouard Guéranger, Le Jardin Foulard. 2e note sur l'horticulture dans le département de la Sarthe… (1865)
“ J'aime le lierre dans les forêts, sur les rochers et sur les vieilles masures ; c'est là qu'il joue son rôle naturel qui est d'apporter aux paysages une décoration sévère; mais devrais-je passer pour un barbare, mon avis est qu'entre les quatre murs d'un jardin c'est bien assez pour le lierre d'être cultivé en bordure, et encore faut-il pour en obtenir un bon effet un grand terrain et de larges bordures. M. Foulard qui, en ce qui concerne l'horticulture, suivait le caprice du moment, avait introduit dans son jardin tous les lierres qu'il avait pu réunir. ”
Pierre Étienne Simon Duchartre, Éléments de botanique, comprenant l'anatomie… (1867)
“ Les organes floraux étant des feuilles modifiées, une fleur est par conséquent analogue à un groupe serré de feuilles ou à un bourgeon; mais c'est un bourgeon qui arrête toujours l'élongation de l'axe qu'il termine, sauf les cas de monstruosités appelées prolifications, ou fleurs prolifères. Tout axe s'arrête donc par cela seul qu'une fleur en occupe la sommité, que cet axe soit la tige elle-même ou l'une de ses ramifications. Si c'est la tige elle-même et qu'elle ne se ramifie pas, la plante a la plus simple des inflorescences, à savoir : une fleur terminale unique. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ DEMI-FLEURON, Botanique ; est une petite fleur monopétale, qui n’est composée que d’un tuyau étroit, qui s’évase par le haut en forme de languette découpée à son extrémité ; ce qui a fait donner à cette espèce de fleur le nom de fleuron à languette, Corollula ligulata. Voyez, Figure 6 de la Planche 15, page 511, comment une fleur à demi-fleuron est faite. On peut y distinguer trois parties principales ; le tuyau A du demi-fleuron, qui enveloppe la gaine C, formée par les anthères ; la languette B, ou l’extrémité du demi-fleuron, qui s’écarte toujours sous un angle plus ou moins ouvert ”
Filippo De Filippi, Lettres sur la création terrestre… (1859)
“ Tu connais parfaitement la courte carrière vitale de ces êtres fragiles et élégants. Avant que paraisse la fleur, lorsqu'elle est encore à l'état de bouton, tu la trouves enveloppée d'un étui de folioles vertes, qui reste à la base de la fleur épanouie et forme ce que les botanistes nomment le calice. La partie la plus belle de la fleur, — variée à l'infini et par la forme et par la splendeur, et par la distribution des couleurs dont le vert seul est exclu, — s'appelle la corolle; les folioles dans lesquelles elle se subdivise le plus souvent, sont les pétales. ”
Comte Foelix, Les fleurs animées. Tome 1 (1867)
“ C'était le père Jérôme, le vieux jardinier du château, qui cultivait ce jardin, sa seule distraction et celle de sa fille ; aussi fallait-il voir comme les fleurs se mariaient harmonieusement aux arbustes, quelles gracieuses formes prenaient les rameaux, et comme le gazon se courbait mollement sous les pas ! La Fée aux Fleurs aimait beaucoup le père Jérôme; elle venait souvent dans son jardin et elle le regardait travailler, bêcher la terre, tailler ses arbres, émonder ses fleurs ; prenant plaisir à essuyer de temps en temps, du bout de son aile, la sueur tombant du front du vieillard. ”
Jean Daniel, Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédones… (1916)
“ Le mode de floraison, suivant que les inflorescences sont solitaires ou groupées, a son intérêt dans les questions que j’envisagerai ici : une fleur solitaire, terminale ou latérale, est en général faible par rapport au reste de la plante et exerce un appel de sève très réduit comparativement aux inflorescences groupées qui, pesant beaucoup plus, exigent un stéréome plus développé. Les tiges aériennes donnent également un stéréome plus prononcé que les plantes gazonnantes, avec ou sans rosette, et cela pour une raison analogue. ”
Henry James, Le Tour d’écrou1898
“ Flora, à peu de distance de nous, se tenait debout, sur l’herbe, et souriait comme si son entreprise était maintenant achevée. La première chose qu’elle fit, cependant, fut de se baisser, et de cueillir — tout à fait comme si elle n’était venue que pour cela — une grande vilaine tige de fougère fanée. Je compris immédiatement qu’elle sortait du taillis. Elle m’attendit, sans faire elle-même un pas, et je me rendais compte de l’étrange solennité avec laquelle nous approchions d’elle. Elle souriait toujours ; nous la rejoignîmes ”
Nicolas-Edme Roret, Manuel pratique de jardinage et d'horticulture… (1900)
“ On cultive le L. flo-ribond (L. floribunda) qui est une très jolie plante à fleurs orangées, de serre froide et tempérée, à floraison hivernale. On la multiplie de boutures qui. à la suite de quelques pincements, se ramifient fort bien et forment de belles touffes ; les plantes doivent être rabattues chaque année, au printemps, si l'on veut avoir de belles potées. ”
