Émile Verhaeren,
Les Villes à pignons
“ Elle existe, vivant de peu, très à l’écart ; Où monte son pignon, montait l’ancien rempart. Les dimanches, à l’heure où l’on sonne les messes Elle écoute, de loin, le lourd bourdon baller, Et les cloches, une fois l’an, se quereller, Toutes ensemble, à la kermesse. Elle connaît l’huissier, le juge et le curé, Et ceux qui vont à Deynze, et de Deynze à Courtrai, Et ceux que le lundi pousse jusqu’à Termonde ; Tous, ils rentrent, le soir, avant la nuit, chez eux, Sans que jamais aucun ne laisse errer ses yeux Au long des rails brûlants, qui vont au bout du monde. ”
