Résumé

Patrice Buet La charité du silence : drame en trois actes… (1956)

MARCHEDOL, coup d'œil vers la chambre de Raymond. — Alors... crise cardiaque ?
ANDRÉ. — Aucun doute.
MARCHEDOL. — Admettons... Une crise cardiaque est déterminée par quelque chose, tout de même...
ANDRÉ. — Plaît-il ?
MARCHEDOL. — Eh bien... je ne sais pas, moi... une frayeur, un accident, un ennui, une circonstance brutale, enfin, et imprévue...
ANDRÉ. — Avec les malades, on ne sait jamais, vous savez... Le secret de la vie... et de la mort... est un secret bien gardé... voyez vous-même... Vous le savez, que votre cœur ne va pas...
Source : Gallica

Patrice Buet La charité du silence : drame en trois actes… (1956)

ANDRÉ. — Monsieur Marchedol...
MARCHEDOL, d'une voix à peine distincte. — Alors, il est mort... (Un temps, se redressant.) Je veux le voir... Vous n'avez pas le droit... Ah !.. Vous n'avez plus le droit, là !... Je veux le voir...
ANDRÉ. — Si vous voulez...
(Il le soutient, le conduit devant la porte qu'il ouvre. Appuyé contre lui, Marchedol reste là, les yeux fixés sur son fils, n'ayant visiblement pas la force d'entrer. Un temps.)
MARCHEDOL. — Pourquoi avez-vous tiré si haut les couvertures ?...
ANDRÉ. — Parce qu'une crispation nerveuse déforme le bas du visage...
Source : Gallica

Patrice Buet La charité du silence : drame en trois actes… (1956)

TRÉMUZARD. — Dites plutôt le désir de renaître... Ce n'est peut-être pas plus vrai, mais c'est plus agré- able.
MARCHEDOL. — Pas d'émotions, surtout !... (haussant les épaules.) Sans les émotions, qu'est-ce que la vie ? A la rigueur, on peut se passer d'un vice, mais se voir filtrer les nouvelles, n'avoir plus droit aux surprises même heureuses, se laisser conduire au milieu des événements même familiaux, comme un infirme auquel on évite les chutes et les heurts... c'est en cela que l'on se sent diminué... exilé... fichu...
TRÉMUZARD. — Vous exagérez, mon bon Marche-
dol...
Source : Gallica

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